Murs de papier

©Templon

Cet été, la galerie Templon joue avec les couleurs du dessin contemporain autour d’une idée originale, une carte blanche du trait, avec un quintette d’artistes composé d’Omar Ba, Abdelkader Benchamma, Norbert Bisky, Oda Jaune et Chiharu Shiota.

Le dessin est la source de tous les arts plastiques. Le trait, la hachure, le point, toutes les figures que trace la main empruntent des formes et des supports très variés. Le dessin se joue de tout, et même du mur qui devient une page, la projection, le prolongement de la feuille, dans un passage de l’horizontal au vertical, du léger au lourd, du diaphane à l’épaisseur.

Ces cinq artistes issus d’une même génération, originaires de trois continents, l’Afrique, l’Asie et l’Europe, que l’on sait de plus en plus hybrides, ont été invités à faire des murs de la galerie leur page, comme autant de supports d’installations murales inédites. Le dessin occupe pour eux une place aussi importante que la peinture, la sculpture ou l’installation et ces œuvres éphémères s’accompagnent d’une nouvelle série sur papier créée exprès pour l’exposition.

Le Sénégalais Omar Ba vit et travaille entre Dakar et Genève, joue des métaphores personnelles et des références ancestrales visibles dans les troncs-totems dont il hérisse son mur. Après Bozar, à Bruxelles en 2017, son exposition "Omar Ba: Visions partagées" est jusqu’au 10 novembre 2019 au MBAM, à Montréal.

Le Français Abdelkader Benchamma vit à Paris et Montpellier, il a une prédilection pour le noir et blanc, ce qui explique sans doute son amour de l’astrophysique et des frontières de l’invisible, aussitôt apparent dans ses archipels de débordements du cadre. En 2019, il participe à plusieurs expositions: "100 artistes dans la Ville-ZAT 2019", à Montpellier et "Landscapes", au Pola Museum of Art, de Kanagawa.

Tissage du corps

Norbert Bisky est Allemand. Amateur de paysages et de portraits, inscrit dans la filiation des maîtres picturaux européens, il expérimente la décomposition des formes et les aplats de couleur à grands gestes géométriques qui le mènent au bord de l’abstraction. Ses œuvres sont au MoMa de New York et au Ludwig Museum de Cologne.

Oda Jaune est bulgare et vit à Paris. Elle joue aux frontières du surréalisme et du morphing avec la métamorphose des corps aux mutations "saugrenues ou monstrueuses". Son œuvre a fait l’objet d’une rétrospective en 2018 à la National Gallery de Sofia.

Chiharu Shiota est berlinoise depuis 1997. Elle tisse ses fils et noue ses clefs dans des trames-univers qui sont une projection de son corps. En tissant ainsi, c’est le temps, le mouvement, la mémoire et le rêve qu’elle matérialise dans ses compositions arachnéennes qui happent délicatement le spectateur. Ces œuvres à l’encre sur papier s’inscrivent dans l’héritage de l’écriture-dessin nippone mais aussi dans une tradition plus ironique et amusée, celle du manga, qui évoque les eaux-fortes et les dessins d’un Lucian Freud ou d’un Egon Schiele. En juin 2019, elle a présenté "The soul trembles", rétrospective de son travail au Mori Art Museum de Tokyo.

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