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Rosa Bonheur, un pinceau sauvage, tactile et romanesque

Rosa Bonheur, "Étude de cheval blanc de dos". Huile sur toile non datée. Barbizon. ©Alexis Brandt/musée d'Orsay distribution RMN

Le musée de Bordeaux et le musée d’Orsay s’associent pour rendre hommage à Rosa Bonheur, peintre des animaux très réputée en son temps.

Marie-Rosalie Bonheur naît à Bordeaux le 16 mars 1822. Aînée de quatre enfants, tous devenus artistes (Auguste, Isidore et Juliette), fille du peintre Raymond Bonheur et de Sophie Marquis, femme cultivée et musicienne. La famille Bonheur s’installe en 1829 à Paris, rue des Tournelles, dans le Marais.

Passionnée par les animaux qu’elle croque inlassablement, à treize ans, Marie-Rosalie abandonne l’école pour rejoindre l’atelier de son père. Les leçons de dessin et de modelage dans l’appartement familial alternent avec les séances dans les bois. Raymond Bonheur exhorte sa fille à «suivre sa voie» et à se confronter aux maîtres du passé qu’elle copie au Louvre. Lors de sa première participation au Salon, en 1841, ses «Deux lapins» sont remarqués. Marie-Rosalie s’affranchit de l’emprise paternelle et, en 1843, signe «Rosa Bonheur». C’était le petit nom que lui avait donné sa mère, morte en 1833.

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À la belle saison, «elle dessinait sur le sable, avec une branche d’arbre, tout ce qui frappait ses yeux», écrit Eugène de Mirecourt en 1856. Elle raconte: «Au lieu d’apprendre mes leçons (…), je passais mon temps à crayonner sur mes cahiers tous les animaux de l’arche de Noé».

"Vaches et bœufs traversant un lac à Ballachulish" (1867-1873), inspiré par son voyage en Écosse. ©RMN - Grand Palais - Tony Querrec

De la relation entre les bêtes et les hommes

Elle peint la vie rurale, mais ne s’intéresse pas qu’aux animaux en soi: elle observe les relations entre les bêtes et les hommes, le pouvoir exercé par ces derniers. Et ce qui fera sa marque (et son succès au Salon de 1853, avec «Le Marché aux Chevaux»), c’est un sujet traditionnellement réservé aux hommes: les nobles quadrupèdes. Plus tard, dans son «Étude de cheval blanc de dos», les taches du pelage, les irisations de la robe sous la lumière ont une présence matérielle et vivante étonnante.

"Au lieu d’apprendre mes leçons (…), je passais mon temps à crayonner sur mes cahiers tous les animaux de l’arche de Noé."

Rosa Bonheur
Artiste peintre

La branche d’arbre qu’elle utilisait dans l’enfance trouve une transformation féconde dans le fusain, cette baguette de bois carbonisée. Rosa Bonheur l’emploie beaucoup tout au long de sa vie, pour ses esquisses et cartons préparatoires à des tableaux. Parfois, ces fusains deviennent des œuvres à part entière, comme ce fantastique dessin monté sur châssis, «Vaches et bœufs traversant un lac à Ballachulish» (1867-1873), inspiré par son voyage en Écosse (voyage au cours duquel elle fut reçue par la reine Victoria, admiratrice de son œuvre).

Rosa Bonheur, l'exposition hommage au musée d'Orsay à Paris - Vidéo YouTube

Un rendu extrêmement tactile

Bonheur emploie là un vélin coloré qui donne un ton sépia photographique, et les touches de la craie lui permettent de rendre de façon extrêmement tactile l’écume des vaguelettes, l’eau qui ruisselle du pelage ou la bave qui dégouline des babines. Un peu plus tard, dans une veine nocturne, ses «Cerfs au clair de lune» (1875) ou «Les Charbonniers» (1880-1890) pourraient illustrer un roman d’Émile Zola. Le rapport entre le fusain nocturne et la craie qui traduit la lumière, celle que dispense la lune ou celle qui s’échappe des fumures, possède d’emblée une puissance romanesque.

Rosa Bonheur observe les relations entre les bêtes et les hommes, le pouvoir exercé par ces derniers.

En 1889, à 67 ans, elle découvre à Neuilly le Wild West Show de Buffalo Bill, rencontre qui va transformer le dernier segment de sa vie artistique. Attirée par l’entreprise de «domestication mythique» de l’Ouest américain, elle passe des semaines à croquer la troupe, les animaux, les Indiens du campement, et, dans des paysages imaginaires, représente Indiens et bisons, ou sa fascination pour ces femmes expertes du tir au fusil.

EXPOSITION

"Rosa Bonheur (1822-1899)"

Commissaires: Leïla Jarbouai, conservatrice en chef au musée d’Orsay, et Sandra Buratti-Hasan, conservatrice, directrice-adjointe du musée des Beaux-arts de Bordeaux.

Jusqu'au 15 janvier 2023

Musée d'Orsay (Paris)

Note de L'Echo:

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