Toutânkhamon entame un retentissant "come-back"

Certaines pièces exposées n'ont jamais quitté l'Égypte. ©REUTERS

Paris accueille jusqu'en septembre la première étape d'une tournée mondiale, "Toutankhamon, le Trésor du Pharaon". La Grande Halle de La Villette a fait les choses en grand, mettant superbement en scène cette nouvelle exposition des trésors de la célèbrissime tombe égyptienne découverte en 1922.

Il est clair que l'exposition sur Toutânkhamon qui débute samedi 23 mars à la grande halle de la Villette à Paris est par avance promise au succès. D'abord parce que pas moins de 150.000 tickets ont été achetés à l'avance.

Nous avons fait une merveilleuse découverte: un splendide tombeau encore intact.
Howard Carter

Selon l'un des organisateurs qui présentait jeudi l'événement à la presse, il est bien possible dans ces conditions que le million de visiteurs soit vite atteint et même dépassé comme en 1967 lors de la précédente "visite" du jeune pharaon dans la capitale française. Ensuite parce que le résultat scénographique est sans faute. La surface dévolue au trésor découvert en 1922 par le britannique Howard Carter permet de déambuler à l'aise parmi les merveilles rassemblées, soit 150 objets dont 60 n'ont jamais quitté l'Egypte. Enfin et surtout parce que cette histoire millénaire ne cesse, à juste titre, de fasciner.

La découverte

Au tout début de cette histoire ressuscitée, il y a donc l'entêtement d'un homme. Howard Carter n'est pas un débutant en la matière. Il cartographie méticuleusement tout le lit de la Vallée des Rois. Seul un dernier polygone n'a pas encore été exploré. Et c'est le bon. "Nous avons fait une merveilleuse découverte, écrit-il le 5 novembre. Un splendide tombeau encore intact."

Les sandales en or de la momie royale sont assorties de sortes de gants - toujours en or - pour les doigts de pied. ©REUTERS

Une carte murale permet de comprendre que le tombeau en question est une sorte de quatre pièces comprenant notamment une salle des trésors à l'entrée de la chambre funéraire. Des films et des photos révèlent cette histoire extraordinaire autour d'un très jeune homme né vers 1340 avant Jésus-Christ et qui s'était marié à l'âge de 12 ans avec sa demi-soeur Ankhésenamon. Elle était, nous dit-on, la fille d'Akhénaton et de Néfertiti. Toutânkhamon n'a pris son nom qu'au moment où il est devenu pharaon. Son premier patronyme était Toutânkhaton, ce qui l'avait fait surnommer avec humour par les jeunes visiteurs de 1967 "Toutencarton"…

Des sandales en or

Cette exposition est un éblouissement de chaque instant, une source d'étonnement permanente. Il en va ainsi de ce couvercle de "vase canope en calcite" figurant la tête du roi, dont la simplicité tout comme la justesse de l'exécution émeuvent autant qu'elles stupéfient. Il y a aussi cette coupe en forme de lotus avec deux boutons de fleurs qui symbolisait la renaissance et la vie éternelle. L'éclairage des lieux, voulu "immersif" ne fait qu'en rehausser la beauté définitive.

Les générations régnantes qui suivirent le règne de Toutânkhamon firent tout pour le faire oublier.

On ne pourra que s'ébaubir et peut-être sourire devant les sandales en or de la momie royale, d'autant qu'elle est assortie de sortes de gants - toujours en or - pour les doigts de pied. Ces "tongs" anciennes en métal précieux étaient un privilège des élites et on apprend au passage qu'une expression de l'époque, "être sous les sandales" de quelqu'un, signifiait que l'on était dominé par lui (ou elle).

Les générations régnantes qui suivirent le règne de Toutânkhamon firent tout pour le faire oublier. Son nom n'apparaissait même plus sur les listes royales officielles de la 19e dynastie. Howard Carter a offert une belle revanche à celui qui sortait à peine de son adolescence. Et nous, visiteurs, sommes proprement comblés par cette redécouverte inespérée.

Toutânkhamon: le Trésor du Pharaon, du 23 mars au 15 septembre 2019, Grande Halle de La Villette (Métro Porte de Pantin), tickets à partir de 17 euros.

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