Le Brussels Gallery Weekend réinvente sa formule

©Galerie Harlan

Pour sa 12e édition, le Brussels Gallery Weekend 2020 manifeste une belle croissance dans l’adversité du moment. Elle réunit des galeries de renom et de plus jeunes pousses.

Une quarantaine de galeries ont répondu présent dans ce contexte épineux. Nous nous sommes concentrés sur les propositions les plus inédites.

Depuis 2017, Ballon Rouge Collective (BRC) est une galerie nomade fondée par Hélène Duménil et son réseau personnel de ses homologues dans le monde. Ballon Rouge s’est attaché temporairement à Istanbul, Londres, Los Angeles, Bruxelles, São Paulo, Paris, et New York, un membre du collectif devenant ambassadeur et commissaire sur place. Son épicentre, le Ballon Rouge Club, à Bruxelles, est devenu lieu d’échange pour curateurs et artistes. Pour cette édition, l’architecte-artiste brésilienne Bruna Canepa, déjà exposée par BRC à São Paulo, présente "Modern Romance", jeu de l’équilibre, de la statuaire et des graphiques architecturaux. Hélène Duménil l’admet, "post-Covid, les restrictions de voyage obligent le Ballon Rouge à davantage s’amarrer, mais l’expansion du réseau n’en sera pas figée pour autant: elle sera simplement réorientée vers l’Europe et la Belgique".

Simon Deppierraz, "Tools (Disc Sander)" ©Archiraar

Archiraar Gallery, fondée en 2012 par un autre architecte, Alexis Rastel, qui a calculé un espace neutre et inventif, un "Cube Blanc" et son complémentaire, un "Cube Noir". Dans ce volume emboîté, le Suisse Simon Deppierraz présente "Hit!", première exposition personnelle, inspirée des formes de l’Art Nouveau et des façades bruxelloises, auxquelles il rend hommage. Sa série de pièces circulaires sur papier japonais, "Tools (Disc Sander)", garde la mémoire des gestes ouvriers: il laisse courir ses crayons sur une feuille de papier japonais circulaire fixée à la disqueuse en rotation. C’est une belle réminiscence de la "Naissance d’une galaxie" de Max Ernst (1969).

Vitrines

En parallèle, Generation Brussels accueille depuis 2018 douze jeunes artistes non représentés par des galeries, choisis sur des centaines de dossiers. Pour Sybille du Roy de Blicquy, directrice du Brussels Gallery Weekend, "il s’agit de leur apporter une visibilité: Generation Brussels bénéficie d’une belle presse internationale, et on en mesure l’effet avec la Galerie Felix Frachon qui invite cette année le Colombien David Tobòn, repéré lors de Generation Brussels 2019".

"Cette édition est la plus dure et la plus féconde. Face à la difficulté, il n’a jamais été aussi facile de travailler ensemble avec galeries, prêteurs et partenaires."
Sybille du Roy de Blicquy
Directrice du Brussels Gallery Weekend

En 2019, le BGW accueillait 7000 visiteurs. Cette année, en réponse à la crise covidienne, la réflexion autour d’une formule modifiée s’est centrée autour d’un dispositif (cher à la commissaire Evelyn Simons) de quatre vitrines, dont la Galerie Louise en rénovation, l’ancien espace Taschen et, surtout, la place de la Monnaie, avec l’installation insolite de la Belge Jot Fau autour du manteau d’Arlequin qui fait l’étoffe de l’identité.

Sybille du Roy de Blicquy le souligne: "Cette édition est la plus dure et la plus féconde. Face à la difficulté, il n’a jamais été aussi facile de travailler ensemble avec galeries, prêteurs et partenaires, notamment l’hôtel Qbic qui accueille les vidéos de l’artiste visuelle belge Ariane Loze dans sa salle de cinéma". Un talk en ligne avec HART Magazine (diffusé sur le site) vantera l’importance du local pour la survie des galeries. Le site s’est étoffé d’outils pérennes avec images interactives des œuvres. Les trois ateliers enfants seront en ligne et une collecte de matériel de bricolage ira au Pont des Arts, association bruxelloise d’intervention en hôpitaux pédiatriques.

Brussels Gallery Weekend

Du 3 au 6 septembre; jeudi de 11h à 21h, vendredi à dimanche de 11h à 19h

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