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Une invitation au voyage à travers le temps contemporain

Mathieu Mercier, "3 axes-3 sphères" ©Mathieu MERCIER

La Centrale propose un voyage dans l’espace, dans la mémoire, ou encore des voyages intérieurs, à travers les œuvres des lauréats du prestigieux prix Marcel Duchamp.

Depuis sa création en 2000 par l’Adiaf (Association pour la Diffusion internationale de l’Art Français), ils sont 14 artistes émergents – français ou associés directement à la scène artistique française – à avoir bénéficié de la rampe de lancement offerte à travers cette récompense.

Pour fêter comme il se doit ce quinzième anniversaire, l’exposition "Invitation au voyage" regroupe quelques-unes de leurs œuvres au sein de la Centrale, qui, tout comme l’Adiaf, s’est donné pour mission de tendre la main à la jeune création contemporaine. Le choix d’un emblématique lieu culturel belge respecte une volonté née en 2010 d’organiser des événements internationaux dédiés aux artistes de ce prix en coproduction avec des institutions étrangères. Gilles Fusch, président de l’Adiaf, explique le choix de la Centrale par la charge de son histoire doublée de son accent très novateur.

"Les collectionneurs influent considérablement sur l’évolution des institutions publiques et sur la carrière des artistes."
Alfred Pacquement
Commissaire de l’exposition

L’intitulé de l’exposition, "Invitation au voyage", a été inspiré au commissaire invité, Alfred Pacquement, par un célèbre poème de Charles Baudelaire. Président du jury de 2000 à 2013 et ancien directeur du Centre Pompidou, Alfred Pacquement a fait le choix de ce thème pour servir de fil rouge reliant les travaux des 14 participants.

Un défi, selon lui, au vu des démarches et univers très divers, voire antagonistes. "Il a été nécessaire de faire un choix et, avec leur complicité, d’assembler les créations de manière à ce qu’elles rebondissent de l’une à l’autre. J’avais remarqué que nombre de leurs œuvres évoquaient la géographie, le nomadisme, l’exploration du monde. Des déplacements qu’ils reflètent par des cartes, des images empruntées, des relais de communication. Les artistes du temps présent regardent et parcourent le monde: ils retracent le paysage contemporain, réagissent aux évolutions politiques et sociales, répondent à l’actualité, dénoncent ses excès. L’exposition est elle-même conçue comme une traversée, à l’image de la longue nef du vaste espace industriel qu’offre la Centrale", explique-t-il.

Philippe Mayaux, "Interaction forte". ©MAYAUX

L’exposition est composée de 54 pièces qui sont autant de visions critiques de la réalité, issues pour la plupart de collections privées. "Toutes ces œuvres sont engagées et reflètent une époque complexe où tout n’est pas vraiment ordre et beauté, luxe, calme et volupté", commente Carine Fol, directrice artistique de la Centrale, citant un extrait du poème de Baudelaire. "Mais bien plutôt chaos et complexité, pauvreté, agitation et douleur."

Du grand globe terrestre de Thomas Hirschhorn, érigé comme un monument funèbre, au papier peint "Marabout" de Claude Closky, vertigineuse suite de mots établie selon une logique phonétique, le visiteur traverse des strates plus ou moins évidentes de pérégrinations dans notre ère multimédia.

Caustiques, les peintures surréalistes de Philippe Mayaux sur fond de catastrophes écologiques. Déroutants, les espaces en rupture d’échelle de Tatiana Trouvé. Facétieuses, les représentations de nos attitudes sociales normalisées par Julien Prévieux, dernier lauréat en date.

L’importance des collectionneurs

Fondé donc par l’Adiaf, le prix Marcel Duchamp est une initiative de collectionneurs français, soucieux d’aider les artistes qu’ils ont sélectionnés. Le comité, qui change chaque année, nomme 4 artistes en mid-carreer. Après leur désignation, les nommés défendent leur cause auprès d’un jury international à travers l’intervention de "rapporteurs" qu’ils sont libres de choisir.

Mathieu Mercier, "3 axes-3 sphères" ©Mathieu MERCIER

L’Adiaf est une association privée, sans capital, vivant des cotisations de ses membres et de mécénat, qui rassemble 350 collectionneurs qu’Alfred Pacquement qualifie d’engagés. "Cette exposition est également un hommage à ces collectionneurs qui dédient beaucoup de leur temps aux artistes émergents, sans but spéculatif. Ils sont des rouages essentiels de la chaîne artistes-galeries-collectionneurs-institutions. Ils influent considérablement sur l’évolution des institutions publiques et sur la carrière des artistes."

Depuis sa création, le prix est étroitement associé au Centre Pompidou qui offre aux lauréats une exposition personnelle ainsi qu’une publication. Ils obtiennent également de l’Adiaf 35.000 euros et une participation financière à la production d’une œuvre. Contrairement à ce que le nom du prix suggère, ils n’ont aucune obligation de démontrer une parenté avec le travail de Marcel Duchamp.

En parallèle de l’exposition "Invitation au voyage", la Centrale/Box héberge les œuvres des deux lauréats de prix artistiques bruxellois: Faber Lorne pour le Prix Médiatine et Max Pinckers pour Artcontest. Carine Fol annonce également l’ouverture en septembre d’un Centrale Lab, derrière l’église Sainte-Catherine. Le lieu sera dédié aux jeunes créateurs bruxellois de moins de 35 ans et comptera 6 expositions par an.

"Invitation au voyage", 15 ans prix Marcel Duchamp, jusqu’au 30 août, à la Centrale for contemporary art, www.adiaf.com, www.centrale-art.be. "Passions dévoilées", journée de rencontres entre collectionneurs belges et français le 22 juin à l’Hôtel de Ville de Bruxelles.

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