reportage

Visite du nouveau Musée de Tervuren, à 360°

©Tim Fisher

Premiers coups d'oeil dans le nouveau Musée de Tervuren, dont la mue s’achèvera au second semestre 2018. Budget total: 66,5 millions d’euros.

Un siècle après sa création (1904-1908), la rénovation et l’extension du Musée du Congo, bâtiment conçu par le Français Charles Girault, inspiré du Petit Palais, a été décidée par l’État fédéral en 2006. Au cours de ce siècle d’existence, il avait subi nombre d’adaptations, au gré des besoins et des goûts: dioramas brisant la transparence d’origine et les perspectives des salles d’exposition, vernis des marbres, peintures des murs et portes vitrées. La mue revêt donc un double aspect: se tourner vers le passé, en lui restituant son authenticité d’origine, composer l’avenir, en le dotant d’espaces et d’outils modernes.

Baladez-vous dans les pièces du musée, à 360°

Images réalisées avec Nodalview

C’est le bureau d’architecture Origin qui a été chargé de cette recréation, notamment en association avec Stéphane Beel Architecten. Charlotte Nys (ingénieure-architecte) explique l’entreprise avec émotion: "Un tel travail doit s’attacher à retrouver l’esprit spatial du lieu et l’expression de ses matériaux." De longues recherches dans les archives ont permis d’exhumer les plans d’origine et de retrouver l’état initial de l’édifice. Les portes vitrées monumentales qui scandent les salles ont retrouvé leur transparence. Les fenêtres de 9 mètres de haut ont reçu un deuxième châssis métallique intérieur, créant un double vitrage. La lumière, zénithale ou latérale, est tamisée, filtrée par des ventelles mobiles sur toiture, des vitres teintées et des voiles de tissu. L’ancien musée était sombre, le nouveau sera lumineux, selon un savant compromis: "Les pièces exposées ici sont en matière organique. Il faut donc les protéger des rayons solaires."

"La modernisation de l’édifice est le signal du redéploiement du musée."
Guido Gryseels
Directeur du Musée Royal

Timbre du passé

Le décor de frises des murs d’origine a été reconstitué grâce un grattage des couches de rajout de peinture verte, puis son motif "décalqué" par un procédé de transfert thermique: clin d’œil au passé, quelques vignettes des frises originelles ont été laissées en l’état: un timbre dateur, un échantillon du passé. Les vitrines en bois d’origine, rénovées, ponctuent le pourtour des salles, dont le centre est occupé par de grandes boîtes noires vitrées, le tout équipé de la connectique moderne.

Les 25 marbres différents ont été décapés et minutieusement restaurés. Près de 12.000 m² d’espaces rénovés seront rendus au public. Les caves immenses seront dévolues aux réserves, mais aussi à des salles ouvertes, et les greniers à l’administration. Les musées du XIXe siècle n’avaient pas de parcours. Il s’agissait donc d’en recréer un, fluide et qui ait du sens. Enfin, un nouveau bâtiment, situé à droite de l’entrée, face au parc, boîte noire rectangulaire et translucide de verre et d’acier, contrepoint ultramoderne au vénérable vaisseau amiral, évoque les nouveaux mobiliers des salles rénovées: relié par un couloir souterrain, il abritera le restaurant, la boutique, l’accueil. L’accueil, maître-mot du Tervuren nouveau.

Guido Gryseels, directeur du musée: "Le musée rouvre et se rouvre"

Sur un total de 66,5 millions, la partie restauration, financée par la Régie des Bâtiments, a coûté 15 millions. Le dernier volet concerne l’aménagement – scénographie, éclairages, système audiovisuel, signalétique (7 millions). Sur ce montant, 5,5 millions sont déjà bouclés (1,2 million de la Loterie Nationale, 0,5 million de Tourism Vlaanderen, 0,4 million de la Banque Nationale, 0,2 million de mécénat, et 2,7 millions de réserves propres). Le solde (1,5 million) sera levé dans l’année grâce au crowdfunding, à des privés et au fundraising.

Le musée renaîtra avec une nouvelle exposition permanente autour de l’Afrique contemporaine et du passé colonial de la Belgique, complétant ethnographie et collections anciennes. "Notre réseau s’étoffe, avec l’Afrique et l’Europe: Arts Premiers à Paris, Musée national du Congo, Musée des civilisations noires à Dakar, musées d’histoire naturelle. Les prêts de collections se multiplieront. La modernisation de l’édifice est le signal du redéploiement du musée."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content