Marc Veyrat et l'Auberge de l'Ill perdent leur troisième étoile

Marc Veyrat ©Photo News

Deux restaurants français, la Maison des Bois du chef Marc Veyrat et l’Auberge de l’Ill en Alsace, ont perdu leur troisième étoile Michelin, récompense suprême de la haute gastronomie. Le guide fait par ailleurs la part belle aux jeunes et aux femmes.

 

Marc Veyrat avait obtenu trois étoiles l’an dernier pour sa table située entre Genève et le Mont-Blanc, dans les Alpes françaises. "Je reste terriblement déçu, dans l’incompréhension totale et injuste de cette destitution de la 3e étoile du Guide Michelin", a-t-il indiqué. Marc Veyrat avait déjà obtenu les trois étoiles pour deux autres restaurants situés dans la même région: l’Auberge de l’Eridan à Veyrier-du-Lac, près d’Annecy, et La Ferme de mon père, à Megève, deux établissements qu’il a ensuite cédés.

 

L’Auberge de l’Ill, mythique table alsacienne située à Illhaeusern, a également perdu sa troisième étoile qu’elle détenait depuis 51 ans, une performance très rare dans la gastronomie française. "C’est une tristesse pour l’Alsace", a déclaré la cogérante du restaurant et sœur du chef, Danielle Baumann-Haeberlin.

Une troisième table a été rétrogradée: L'Astrance de Pascal Barbot à Paris, après 11 ans au sommet. 

Chef Mauro Colagreco ©AFP

Cette année, le Michelin a décidé de récompenser des femmes, des jeunes talents et une foison de chefs étrangers. Avec un nouveau patron à sa barre, Gwendal Poullennec arrivé à ce poste en septembre, le Michelin a porté au firmament deux nouveaux chefs:

• Laurent Petit (Le clos des sens)
• Mauro Colagreco (Mirazur), premier Argentin et seul étranger en activité en France à recevoir une telle récompense.

  Tous deux ont rejoint le club très fermé des trois étoiles, qui compte désormais 27 tables en France, lors d'une cérémonie à Paris qui a également rendu hommage à une légende de la gastronomie française, Joël Robuchon, décédé à l'été 2018.

 C'est dans le contingent des primo-étoilés que le guide a le plus innové en récompensant "une proportion inédite de femmes", après des années de polémique.  Parmi elles, figure Stéphanie Le Quellec (La scène à Paris), ancienne lauréate de "Top Chef" en 2011 et qui obtient sa deuxième étoile.

Chef Stephanie Le Quellec ©AFP

Amélie Darvas et Gaby Benico sont récompensées d'une étoile pour leur table héraultaise Aponem, qui a déjà eu les honneurs du Fooding, racheté par Michelin en 2017.

  Autre femme chef honorée: Naoëlle d'Hainault, gagnante 2013 de "Top chef" et son restaurant L'Or Q'idée à Pontoise, en région parisienne.

  Cette évolution n'est ni le fait de "quotas" ni d'un "abaissement de critères", avait insisté Gwendal Poullennec la semaine dernière, mettant en avant une sélection misant sur la diversité, dans les styles de cuisine, les profils des chefs.

De nombreux chefs étrangers ont été distingués:

• Keigo Kimura a obtenu une étoile pour L'Aspérule à Dijon
• Chef de L'Abysse à Paris, un comptoir à sushis chic, Yasunari Okazaki a été distingué
• Takafumi Kikuchi promet "une cuisine française" à La Sommelière, à Lyon.

L'édition 2019 du Michelin a pour la première fois valorisé "les métiers de l'ombre" via deux prix récompensant le service et la sommellerie. Enfin, une récompense a été attribuée à un chef à la démarche durable.  Malgré les critiques et les polémiques dont il fait régulièrement l'objet, le guide rouge, créé en 1900, reste une référence dans le monde de la gastronomie. Il a opéré en 2017 des rapprochements avec le guide Parker (critique de vins), ainsi qu'avec le Fooding.

©AFP

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