L'agneau irlandais désire être mangé "au quotidien"

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De ce pays situé le plus à l’ouest de l’Europe, on connaît ses paysages verdoyant, ses bières et ses whiskeys, ainsi que ses spécialités agroalimentaires. Dont l’agneau. Le Belge en est un grand consommateur.

Ce matin-là, Gordon Johnston et son épouse nous emmènent voir leurs agneaux et leurs brebis qui paissent sur les 52 hectares de la propriété familiale. Comme le bœuf, l’agneau irlandais est tout aussi réputé. Avec 80% de la superficie du pays en pâturages, le pays à l’emblème du trèfle présente la plus importante surface de pâturages en Europe.

Après avoir connu la plus grande récession depuis la Deuxième Guerre mondiale, l’Irlande renoue, à présent, avec la croissance depuis 2011, surtout générée par l’exportation de ses produits agroalimentaires. Les viandes, mais aussi les produits laitiers. Un secteur qui engage 230.000 personnes pour un chiffre d’affaires annuel d’environ 24 milliards d’euros.

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La Belgique est un marché très important pour ce secteur. Notre pays a acheté, l’an dernier, pour 238 millions d’euros de produits alimentaires irlandais, en baisse de 4%, mais après une croissance record en 2013 (+ 27%). Ainsi, 3.000 tonnes d’agneau ont été importé l’an dernier.

Gordon exporte vers notre pays et a trouvé en Delhaize, un nouveau partenaire. L’enseigne au lion a décidé de désormais privilégier l’importation d’agneau européen des pays celtiques, dont l’Irlande. Fini donc l’importation de Nouvelle-Zélande, le plus important producteur d’agneau au monde. Question de qualité mais aussi d’image.

L’élevage irlandais est un des plus respectueux de l’environnement en Europe.

Une enquête européenne publiée voici trois ans, a démontré que l’élevage irlandais est l’un des plus respectueux de l’environnement en Europe. L’empreinte carbone est très faible du fait d’un élevage en pâturages naturels. Des valeurs de naturalité sont liées aussi à l’image du pays. Gordon expliquera également l’influence des pluies (l’herbe y est dense et bien grasse), du Gulf Stream et de cette étendue calcaire (donc de calcium) parfaite pour le broutage. La pluie est considérée comme un bienfait du ciel, capricieux et passager. Et comme l’on dit ici: "S’il ne pleut pas, c’est qu’il va pleuvoir!"

L’agneau du Connemara, appellation d’origine protégée

Une étude effectuée en 2013 a démontré que 40% des viandes irlandaises offrent une qualité supérieure à d’autres origines. Mais à côté de l’agneau "des plaines", un autre environnement plaît également aux brebis et aux agneaux.

Sur www.agneausibon.fr, des recettes originales, selon les saisons, sont présentées ainsi que les différentes découpes.

Alors, nous voilà partis pour le mythique Connemara, dans le Comté de Galway. Là, sur des collines ondulantes, en moyenne montagne, les agneaux se nourrissent d’une flore plus variée, d’herbes aromatiques, de bruyère, de fleurs sauvages. "Leur viande a une saveur plus complexe", nous dit Brendan Joyce qui ne quitte jamais sa longue canne de berger. L’agneau du Connemara est à présent gratifié d’une appellation d’origine protégée. Ici, les races sont différentes des plaines. Suffolk et Texel sont remplacés, dans les collines, par, notamment, la race blackface. L’agneau du Connemara n’est pas (encore) exporté vers la Belgique, sa production étant faible. En attendant, les marchés les plus importants pour les producteurs d’agneau irlandais (France, Allemagne, Royaume-Uni, Danemark et Belgique) vont bénéficier d’une campagne promotionnelle ambitieuse. Le but est de positionner cette viande non plus seulement comme un mets estival et festif, mais bien comme une viande du quotidien… La cible est de rajeunir les consommateurs, les 25-45 ans. Les 33.000 éleveurs du pays et leurs 3 millions de brebis reproductrices espèrent une augmentation dans les pays ciblés, de 5% sur trois ans. Et ce dans le cadre d’une campagne cofinancée par l’Union européenne et dotée d’un budget total de 7,7 millions d’euros.

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