La saga familiale des vins Pirard

©Cici Olsson

C'est en 1945 que Jacques Pirard crée sa Maison d'importation de vins à Verviers.

Il vient de célébrer ses 90 ans. Quand, à la fin de la guerre, le Verviétois Jacques Pirard décide de se lancer dans l’importation de vin (surtout du Bordeaux), imagine-t-il que son initiative va perdurer plus de septante ans? En 1955, il s’installe à Genappe. Les offres de la "Maison Pirard" se sont diversifiées avec, notamment, l’Alsacien Muré (qu’elle distribue toujours), puis des grands vins allemands qui ne bénéficient pas, à l’époque, d’une bonne réputation. Ce sont encore quelques beaux noms en Bourgogne comme Armand Rousseau, à Gevrey-Chambertin, depuis 43 ans… Même si les allocations de ce producteur sont devenues minimalistes. Avec Emmanuel, le fils de Jacques, on va diriger ses achats vers d’autres pays que la France. L’Italie (le Piémont), la Californie, le Chili… Entre-temps, le gendre du patriarche, Luc Thienpont, à l’exemple de cette illustre famille, se rend acquéreur d’un Château bordelais, Labégorce-Zédé, à Margaux. Avec l’arrivée de Simon Pirard, fils d’Emmanuel, en 2005, l’entreprise se développe avec l’ouverture de nouveaux magasins.

"Nous ouvrons par opportunité. On aimerait trouver un bon emplacement à Bruxelles."

Celui – historique – de Genappe, c’est Bouge (Namur), Grez-Doiceau, Rochefort (ce dernier en franchise) et aussi une petite sélection chez un commerçant nivellois. "Nous ouvrons par opportunité. On aimerait trouver un bon emplacement à Bruxelles", souhaite le petit-fils de Jacques, qui a suivi les cours du lycée agricole de Beaune (formation en marketing), a taillé les vignes chez Muré en Alsace, avant de vendanger au Chili et en Afrique du Sud. La clientèle de Pirard? Elle est double. La (belle) restauration. "Il fut un temps où La Villa Lorraine nous achetait 120 bouteilles de Petrus. Et Le Siphon, à Damme, nous passait commande, après d’âpres négociations, pour un camion entier de vin…": une époque que n’a pas connue Simon. Maintenant, l’offre – autant que la demande – s’est fortement diversifiée. Bordeaux, Bourgogne, Rhône, Alsace demeurent toujours des classiques, mais rentrent aussi dans cette famille les vins du Languedoc et du Roussillon. Une autre facette de cette entreprise est la mise en bouteille, ce qui est devenu rare dans notre pays. Bien sûr, l’époque de la mise de crus classés en Belgique est révolue. "Mais nous embouteillons, pour nous et pour d’autres, environ 800.000 bouteilles par an. Des propriétés belges aussi comme Domaines de Mellemont et Ry d’Argent."

Vins Pirard, rue de Glabais, 1 1470 Genappe. Simon Pirard organise des soirées "atelier de dégustation". Cinq thèmes seront abordés en 2017. Contact: www.vinspirard.be.

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