Le champagne repétille

Après une année 2009 chaotique, les expéditions inspirent l’optimisme à l’approche de la fin d’année.

Des chiffres, tout d’abord. L’activité viticole champenoise représente 4.766 récoltants expéditeurs, 66 caves coopératives et 293 négociants. Ce qui génère plus de 30.000 emplois pour cette région. La Champagne, c’est aussi 33.106 hectares de vignes (principalement dans le département de la Marne) et un chiffre d’affaires (en 2009) de 3,7 milliards d’euros dont 1,6 à l’export. Avec Bordeaux et le Cognac, cette région forme le "top 3" des activités françaises liées à la vigne.

Daniel Lorson, le porte-parole du comité des vins de Champagne, vient tous les ans à Bruxelles pour présenter bilan et projection sur l’avenir d’un vin synonyme de fête… Un vin que l’on boit sans doute davantage debout qu’assis, diront les psychologues: c’est le vin des cocktails, des réceptions, même si aujourd’hui la concurrence des autres vins effervescents se ressent. Évoquons tout d’abord l’année 2009. Avec 293,3 millions de bouteilles expédiées, la Champagne enregistrait une diminution de 9,1 % par rapport à 2008. Dans une demande très internationale (le champagne se vend dans 180 pays dans le monde et est donc très dépendant de ses exportations), le marché français avait toutefois bien résisté, ce qui ne fut pas le cas à l’export, sauf exception. En cause, la crise mondiale qui a touché tous les pays "même émergents comme la Chine et le Brésil", précise Daniel Lorson. Mais voilà. Dès le mois d’octobre dernier, les expéditions s’orientent à la hausse "et ce sans interruption depuis donc onze mois", se réjouit le porte-parole du Comité des vins champenois. La progression sur cette période est de 6,2 %. Encourageant? Certes. Mais l’optimisme semble se limiter aux volumes. Pas trop à la valeur. Cela signifie que la vente de champagnes à bas prix se poursuit mieux que celle des marques "institutionnelles", des cuvées millésimées et autres cuvées "de prestige ". Quoique… Un léger frémissement à la hausse du prix moyen de la bouteille semble aujourd’hui constaté. Et le pronostic de 315 millions de flacons commercialisés en France et à l’export cette année ne semble plus fantaisiste.

Et en Belgique?

La question et surtout la réponse est toujours difficile lorsque l’on évoque la vente et la commercialisation du champagne dans notre pays. D’une part, il y a le chiffre des douanes et accises. L’an passé, 8.168.385 bouteilles ont pris donc "officiellement" la route de la Belgique (une diminution de 17,5 % par rapport à 2008). D’autre part, il faut tenir compte des achats directs. C’est que Reims et Epernay se situent à moins de trois heures de nombreuses villes du pays. Les habitants de Bouillon ou du sud de la province de Namur mettent davantage de temps pour se rendre à la Côte (belge) qu’en Champagne ! De ce fait, les importations dans les coffres de voitures (en toute légalité: 60 bouteilles par personne) s’avèrent (très) nombreuses. L’estimation est difficile. Le Comité des vins de Champagne l’évalue dans une fourchette très large comprise entre 2 et 5 millions de bouteilles. Ce qui n’est pas rien et qui change considérablement la donne des chiffres officiels… Autre particularité de notre pays: le nombre important de producteurs différents qui expédient vers la Belgique, 536 l’an dernier. Un phénomène bien sûr lié aux achats en direct, ceux-ci s’effectuant surtout auprès de petits producteurs. Impossible, bien sûr, aux Etats-Unis ou en Australie.

La société GFK Panel Services Benelux a aussi apporté son éclairage sur les ventes du célèbre vin blond pour une consommation à domicile et des bouteilles achetées en grande distribution. Avec ce chiffre: durant les 12 derniers mois, 527.000 ménages ont acheté du Champagne, soit une augmentation de 6,9 % par rapport à la même période précédente. Et, toujours selon GFK, à fin août de cette année, les ventes de champagne ont augmenté de 15 %. à dresser en parallèle avec le niveau général de notre consommation. Mais nous sommes à l’heure du compromis. Nous ne renonçons pas à consommer mais nous achetons moins cher et privilégions les promotions. Pour illustration, un de nos grands distributeurs (Carrefour) proposait lors de sa foire aux vins de septembre, un Champagne en 1 + 1 (une bouteille achetée, une autre offerte)! Des progressions de ventes qui s’effectuent davantage à Bruxelles et dans le sud du pays (+ 14 %) que dans le nord (+ 2 %). Un progrès que GFK explique (notamment) par un nombre d’acheteurs plus important.

Quant au type de Champagne apprécié en Belgique, la qualité "brut" domine toujours très largement (91,7 % du marché national) devant le demi-sec (3,2 %) et le rosé (3 %).

En attendant les fêtes de fin d’année. Et encore du Champagne à moins de dix euros?

Patrick Fiévez

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés