Le chef étoilé Marc Veyrat perd son procès contre le guide Michelin

Marc Veyrat considérait qu'en rétrogradant de trois à deux étoiles son restaurant "La Maison des Bois", le guide Michelin avait fait "une erreur" et demandait un euro symbolique de réparation. ©AFP

Le célèbre chef au chapeau noir à large bord réclamait "la vérité" sur le déclassement, début 2019, de son restaurant "La Maison des Bois". La justice française a finalement donné raison au Guide Michelin qui ne sera donc pas obligé de donner à Marc Veyrat les critères de la rétrogradation de son établissement étoilé.

Le chef Marc Veyrat, qui avait saisi la justice pour savoir pourquoi le Guide Michelin avait privé l'un de ses restaurants de sa troisième étoile, a été débouté mardi par le tribunal. Le chef et sa société SCS Marc Veyrat "ne produisent aucune pièce relative à l'existence d'un dommage et à la réalité de leur préjudice", a souligné le tribunal de grande instance de Nanterre dans sa décision.

Le chef au chapeau noir considérait pourtant qu'en rétrogradant de trois à deux étoiles son restaurant de Manigod en Haute-Savoie, "La Maison des Bois", le guide rouge avait fait "une erreur" et demandait un euro symbolique de réparation.  

Par la voix de son avocat Emmanuel Ravanas, Marc Veyrat avait notamment demandé, lors de l'audience fin novembre, à obtenir les preuves des inspections du guide et des compétences de ses inspecteurs, ainsi que "la trace des débats" ayant conduit au déclassement de son établissement. "On ne vient pas interdire la critique, on veut vérifier que des critères existent et qu'ils ont été appliqués en l'espèce", avait expliqué à l'audience Me Ravanas.

Le tribunal a cependant estimé que les pièces produites par son client étaient "insuffisantes à démontrer l'existence d'un motif légitime de nature à justifier qu'il soit porté une atteinte disproportionnée à l'indépendance d'évaluation constitutive de la liberté d'expression des inspecteurs du guide".  Et de rappeler que cette liberté était "garantie" par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

Le guide Michelin est avant tout "un instrument pour les consommateurs, pas la propriété des chefs", avait rappelé à l'audience son avocat Richard Malka.   

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