Vitalie et Clovis Taittinger électrochoc de la passion

©PF

Elle a été vendue à un Fonds de pension américain avant d’être rachetée par un membre de la famille fondatrice. Mouvementée, l’histoire du Champagne Taittinger! Aujourd’hui, c’est Vitalie, Clovis et leur père Pierre-Emmanuel qui gèrent la nouvelle destinée de cette marque de Champagne emblématique. Et redevenue française…

Ce fut l’étonnement en Champagne lorsque la famille Taittinger annonça, en juillet 2005, la vente de cette Maison à Starwood, un Fonds de pension américain, propriétaire notamment des hôtels Sheraton, alors que des groupes financiers français (Rothschild, LVMH) et belge (Albert Frère) s’étaient montrés intéressés. La surprise aussi dans le monde du luxe, car la filiale familiale "Société du Louvre" sera aussi cédée à Starwood. Cette filiale possédait quelques grands noms de l’hôtellerie (Lutecia et Crillon à Paris, Martinez à Cannes, La Mamounia à Marrakech), la chaîne Campanile, la cristallerie Baccarat, les parfums Agnès Goutal.

Taittinger redevient français

©PF

Ayant dirigé l’entreprise depuis 1960, Claude Taittinger prend sa retraite 2006. Mais c’est sans compter sur son neveu Pierre-Emmanuel qui a très mal apprécié cette vente. Cette même année, avec l’aide de la Caisse régionale nord-est du Crédit Agricole, il rachète la marque Taittinger, son vignoble (288 ha), son stock de bouteilles (une douzaine de millions), ses caves (des crayères remontant au IIIe siècle avant notre ère), le domaine viticole Los carneros au nord de San Francisco, où l’on produit un "sparkling" de qualité, et son Château de La Marqueterie, près d’Epernay, haut lieu sentimental de la famille, le tout pour 560 millions d’euros. Taittinger redevient français. Aujourd’hui, au quotidien, les deux enfants de Pierre-Emmanuel assurent la gestion de la marque, qui vend annuellement un peu plus de 5 millions de bouteilles dont près de 75% à l’export (principalement aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne. Rien ne prédestinait Vitalie et Clovis à diriger, un jour, la maison de champagne familiale. Elle avait une formation de graphiste et diplômée des Beaux-Arts et, lui, il œuvrait dans les affaires (banque, immobilier). "On m’a demandé de venir", dit Clovis avant de rectifier: "Plutôt ordonné…"

Un coup de jeune

Et dans l’assiette? Vitalie craque pour la tête de veau sauce gribiche. Clovis pour du poisson cru et lait de coco.

Leur première démarche fut de redynamiser, de rajeunir les équipes d’une entreprise qui en avait besoin, et ce dans tous les départements. Un élément – important – n’a toutefois pas été changé: le style des champagnes Taittinger. Celui-ci restera donc marqué par une présence importante, dans les assemblages des différentes cuvées, du chardonnay. Une préférence familiale. "Ce cépage épouse parfaitement notre recherche d’élaborer des champagnes de gastronomie. Il a un meilleur répondant pour s’associer aux recettes de grands chefs que le pinot noir. Et puis, nous souhaitions, à l’époque, nous démarquer de nos concurrents, créer un style différent à l’inverse des champagnes puissants, très typés par le pinot noir. Taittinger a toujours voulu privilégier la finesse à la richesse", explique Clovis Taittinger.

Et si, lui, il apprécie plus particulièrement la "simple" qualité "brut réserve", sa sœur, elle, préfère la cuvée de prestige de la Maison, le "Comtes de Champagne", un 100% chardonnay.

La jeune trentenaire, mère de trois enfants, s’occupe des campagnes de pub où elle pose volontiers sur les photos. Une égérie très glamour. C’est elle aussi qui, avec son père et son frère, vient de redynamiser, de rajeunir, les étiquettes des bouteilles. Un sujet très sensible et des discussions qui furent, paraît-il, très animées…

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés