40% des entreprises de la culture sont à court de liquidités

Le secteur de la culture (ici sur la place de la Monnaie à Bruxelles) essaie tant bien que mal de se faire entendre. ©BELGA

D'après Graydon, plus de 40% des entreprises ou ASBL culturelles en Wallonie et à Bruxelles ont besoin d’injections de liquidités pour garder la tête hors de l’eau.

La culture compte parmi les secteurs les plus lourdement impactés par la crise sanitaire. Graydon a dressé un état des lieux détaillé de la santé financière du secteur à Bruxelles et en Wallonie au 1er mai 2021.

Bruxelles

"Le premier enseignement est que les aides ont permis à une partie importante du secteur de tenir le coup durant la crise", indique Eric Van Den Broele, directeur du service d’étude de Graydon. Avant la crise, 90% des entreprises de la culture à Bruxelles étaient saines. Aujourd’hui, elles sont encore 51% à tenir la tête au-dessus de l’eau, grâce surtout aux aides proposées par les pouvoirs publics. Sans les aides, elles ne seraient plus que 12% à afficher des finances dans le vert.

Toutes les activités ne sont cependant pas logées à la même enseigne. La création artistique vit une situation plus précaire que les bibliothèques ou les musées par exemple.

Graydon dénombre 721 entreprises (13% du total) qui étaient saines avant la crise et qui ont aujourd’hui, malgré les aides, consommé toutes leurs réserves financières. Elles emploient 2.351 personnes (équivalents temps plein). On peut y ajouter 1.653 entreprises (30%, 991 emplois) qui disposent d’encore un peu de réserves, mais plus pour très longtemps.

"Ce sont les 43% d’entreprises saines avant la crise, mais qui ont consommé leurs réserves qu’il faut aider en priorité."
Eric Van Den Broele
Graydon

"Ce sont ces 43% d’entreprises qu’il faut aider en priorité", recommande Eric Van Den Broele. Ensemble, elles auraient besoin de 109 millions d’euros de liquidités supplémentaires pour assurer leur survie.

Wallonie

En Wallonie, 94% des entreprises du secteur étaient saines avant la crise. Elles ne sont plus que 56% aujourd’hui, bien que des aides leur aient été accordées. Sans quoi elles ne seraient plus que 7% à pouvoir survivre.

Graydon comptabilise 558 entreprises wallonnes (soit 9,6% du total) qui étaient saines avant la crise et qui, en dépit des aides, ont consommé toutes leurs réserves financières. Elles emploient 1.767 équivalents temps plein. On peut y ajouter 1.800 entreprises (31%, 640 emplois) qui disposent d’encore un peu de réserves. Elles auraient besoin de 60 millions d’euros de liquidités supplémentaires pour survivre.

Si la Wallonie affiche proportionnellement un peu moins d’entreprises en difficultés, c’est parce que le volume des aides engagées y est plus important qu’à Bruxelles, mais aussi parce que la Wallonie a entamé plus tôt le ciblage des entreprises en difficultés.

"On pourrait prévoir des incitants pour mobiliser les réserves généralement dormantes des entreprises du secteur culturel."
Eric Van Den Broele
Graydon

"Cela a permis d’utiliser les aides de manière plus efficace, par exemple en se concentrant sur les entreprises qui étaient viables avant la crise ou en privilégiant les entreprises qui emploient beaucoup de personnes", explique Eric Van Den Broele. A contrario, soutenir des entreprises qui étaient déjà déficitaires avant la crise se fait souvent en pure perte, car elles feront faillite tôt ou tard.

Incitants

Le soutien au secteur ne doit pas nécessairement se faire par le biais de primes directes. "On pourrait aussi prévoir des incitants pour mobiliser les réserves généralement dormantes des entreprises du secteur culturel en faveur de celles qui sont aujourd’hui à sec, mais qui étaient saines avant la crise», insiste Eric Van Den Broele.

53%
En Wallonie, 53% des entreprises et ASBL de la culture disposent encore de réserves financières.

En Wallonie, 53% des entreprises et ASBL de la culture disposent encore de réserves financières. Celles-ci pourraient être logées dans un fonds doté d'une garantie d'État par exemple. "Cela créerait de puissants effets multiplicateurs peu coûteux pour l’État. Mais il faudrait pour bien faire encourager les prises de participation minoritaires afin d'éviter les reprises hostiles au sein du secteur. Ce sont plutôt les collaborations qu’il convient de favoriser", précise encore Eric Van Den Broele.

Le résumé

  • Plus de 40% des entreprises ou ASBL culturelles en Wallonie et à Bruxelles ont besoin d’injections de liquidités pour garder la tête hors de l’eau.
  • La Wallonie a entamé plus tôt que Bruxelles le ciblage des entreprises en difficultés.
  • Le soutien ne doit pas nécessairement passer par des primes, on peut aussi mettre en place des incitants pour mobiliser les réserves des entreprises saines.

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