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chronique

La table comme processus de création artistique

©Eric Danhier / EDanhier

"Que fait-on quand on mange ensemble?" Cette question, l’artiste-urbaniste Françoise Schein l’a transformée en un projet à la fois artistique et participatif, qui ambitionne de remettre la table au cœur de la vie de Cité.

Manger pour vivre, certes, mais surtout pour mieux "vivre ensemble". Afin de célébrer ses dix ans, le centre d’art contemporain La Centrale s’allie avec l’artiste globe-trotteuse Françoise Schein, qui fait le vœu de mettre les Bruxellois à table le temps d’un "Grand BanKet" public. La fête aura lieu le 26 juin, sur la place Sainte-Catherine.

Le repas, celui qu’on partage avec sa famille, ses amis, voire avec un inconnu: un symbole important pour la Bruxelloise Françoise Schein. À cette architecte de formation, on doit notamment la mosaïque de la station de prémétro du Parvis de Saint-Gilles, qui n’est que l’une des sept stations de métro dans le monde à avoir été marquées de son empreinte.

©Eric Danhier / EDanhier

Ce nouveau projet, l’artiste auto-revendiquée "des droits humains" a veillé à l’inscrire durablement dans l’espace et dans le temps. Le grand festin du 26 juin reposera en effet sur dix tables recouvertes de mosaïques, réalisées avec l’aide de 120 participants issus des quartiers avoisinant la place Sainte-Catherine.

Pendant le processus de création, lancé en octobre dernier, chacun était amené à représenter sur céramique son assiette "idéale", agrémentée de mots, de phrases, ou de citations évoquant le passage à table. Pour éveiller l’appétit créatif des participants, deux philosophes ont encadré les ateliers, en soulevant une question, interpellante à une époque où le repas tend de plus en plus à se partager avec soi-même: "que fait-on quand on mange ensemble?" Vaste projet.

"C’est précisément dans cette maladresse qu’il y a quelque chose d’intemporel."
Françoise schein
artiste et urbaniste

Pour Françoise Schein, c’est l’addition de gestes individuels posés autour d’un projet commun qui donne de la résonance au résultat final. Nul besoin d’être un grand artiste pour toucher juste. "Ce sont des mains un peu maladroites, mais c’est précisément dans cette maladresse qu’il y a quelque chose d’intemporel".

Et puisque le chemin parcouru vers l’œuvre est tout aussi important que le résultat final, le processus de création a fait l’objet d’un making-of, à découvrir à La Centrale. Quant aux "tables-œuvres", une fois baptisées par le banquet qui les attend, elles continueront à vivre. Il est prévu qu’elles restent place Sainte-Catherine jusqu’au 26 septembre, avant d’être acheminées vers le quai du Commerce.

"Le Grand BanKet de Françoise Schein", dimanche 26 juin à midi, place Sainte-Catherine, devant La Centrale, http://www.centrale.brussels/

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