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Rinus Van de Velde | Un jeune artiste belge nouvelle égérie Dior

Portrait | Dior vient de choisir le jeune artiste anversois, aux côtés de trois autres "icônes", pour représenter la marque dans sa nouvelle campagne.

Rinus Van de Velde est un grand jeune homme mince, très vivant, et à la beauté un peu étrange. Il arbore un look d’étudiant en art, cheveux en bataille style "saut du lit", t-shirt vintage, pull serrant, et profonds yeux clairs un peu perdus dans le brouillard (de son univers intérieur, certainement). Rinus Van de Velde est aussi l’un des jeunes artistes les plus suivis, en Belgique et à l’étranger.

C’est pour toutes ces raisons que Dior vient de le choisir, aux côtés de trois autres "icônes", pour représenter la marque dans sa nouvelle campagne.

©Willy Vanderperre/Dior Homme

Car on ne fait plus appel à de simples mannequins: ce serait faire croire au public qu’il suffit d’être beau pour porter du Dior – alors qu’il faut bien évidemment un "supplément d’âme"… Aux côtés de Rinus Van de Velde, pour cette campagne noir et blanc où deux images cohabitent (une frontale et une autre contextualisée), on retrouve par exemple Oliver Sim, voix et guitare basse du groupe "The xx".

Rinus Van de Velde n’avait sans doute pas besoin de cette publicité pour exister. Son travail est très apprécié, et plusieurs galeristes connus s’occupent de lui, comme par exemple Tim Van Laere, qui se félicitait lors du dernier Art Brussels du succès rencontré par son poulain. Il faut dire que le travail de Van de Velde tranche fortement, par la force et la qualité, avec certains errements d’un art contemporain détaché de la matière et de la technique, hautement spéculatif, et souvent très intellectuel. Ici, en de grandes toiles contrastées et hyperréalistes, Rinus Van de Velde s’exprime. Et s’invente une vie. Explications…

  • 1983 Naissance à Louvain
  • 2006 Diplômé de l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers
  • 2012 Le chanteur Raymond van het Groenewoud choisit une de ses œuvres comme pochette à son disque "De laatste rit"
  • 2015 Achat d’une œuvre par la collection Belfius. Il signe la scénographie de la pièce de Tom Lanoye "Revue Ravage".

La démarche de l’artiste ressemble en fait à celle d’un metteur en scène de cinéma. Avec cet ajout: on disait que c’était moi le héros.

Narcissique, Rinus Van de Velde? Comme tout artiste, certainement. À contempler ses œuvres, on ne ressent pourtant nulle complaisance, mais bien un impérieux besoin de projection. Après avoir choisi un thème (par exemple sa passion pour le joueur d’échecs américain Bobby Fischer), Rinus collecte des images, les imprime, les punaise aux murs de son atelier. Puis il se projette, invente une histoire, qu’il va ensuite réduire à quelques tableaux, où le personnage principal sera remplacé par quelqu’un lui ressemblant étrangement, et arborant son anguleux profil…

Bonne dose d’humour

Pour les décors, Van de Velde doit tout reconstituer. Comme cette cabane posée sur un rocher, utile pour recréer l’ambiance de son projet "Le Déluge"… Ensuite, avec des amis, il habitera l’espace, dans une ambiance de fin du monde. Des centaines de photos sont prises, puis plusieurs tableaux seront réalisés, tous de très grande taille, tous en noir et blanc, au fusain, pour un résultat saisissant, très iconique, et immédiatement reconnaissable. Mais avec une bonne dose d’humour. L’artiste ne joue-t-il pas avec les frontières de cette reconstitution, comme pour "The Arrival", qui le voit en maillot, palmes aux pieds, accroché au (faux) rocher, mais où l’arrière-plan nous dévoile son studio, avec escabelle et fauteuil en cuir… L’artiste prépare actuellement une exposition au S.M.A.K. de Gand. Entre-temps, nul doute que sa collaboration avec Dior aura achevé de l’installer à la place qu’il méritait déjà: le sommet.

Paul Smith

Rinus Van de Velde a exposé à la galerie Paul Smith d’Albermale Street, à Londres. Et il a même été interviewé par le styliste/collectionneur en personne, fasciné par sa capacité à se "projeter dans un autre monde"…

En cadavre

Parmi ses nombreuses appropriations, Van de Velde s’est représenté dans une variation sur la célèbre "Leçon d’anatomie" de Rembrandt, où il avait pris la place… du cadavre.

 

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