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À 25 ans, Pikachu n’a toujours pas un poil blanc

Pikachu fête ses 25 ans. ©Shutterstock

Tout le monde ou presque connaît la créature jaune. En 25 ans, cette petite souris électrique et les autres Pokémon sont devenus aussi célèbres que Mario.

C’est en effet il y a 25 ans que les premiers jeux ont débarqué au Japon. Dès le départ, c’est un hit. Tous les deux ans environ, deux nouveaux jeux sortent en tandem. Apportant leur lot de nouvelles créatures, d’améliorations graphiques et de nouveaux continents à explorer.

"Chaque épisode fait d’énormes efforts sur l’inclusivité. Tout est fait pour permettre aux nouveaux arrivants de se sentir à l’aise."
Loup Lassinat-Foubert
journaliste, spécialiste de Pokémon

À l’occasion de ce 25e anniversaire, ils sortent de tous les côtés. Le prix des cartes à jouer explose et 25 nouvelles cartes collector, des remakes d’anciennes cartes cultes, viennent d’ailleurs d’atterrir en rayons. En novembre, devraient débarquer deux nouveaux jeux, Perle Scintillante et Diamant Étincelant. Un double remake des épisodes sortis en 2007. Enfin, Gamefreak, le studio de développement à qui l’on doit les jeux, dégainera, en janvier, un nouveau jeu baptisé Légendes Pokémon: Arceus, qui devrait se dérouler dans une région qui rappelle énormément le Japon féodal.

Pikachu et sa bande sont donc plus vigoureux que jamais. Mais comment expliquer ce succès?

Légendes Pokémon

Inclusivité

"Jusqu’à la cinquième génération, les jeux Pokémon s’adressaient surtout aux joueurs historiques, aux fans de la licence", se souvient Loup Lassinat-Foubert, journaliste chez Ouest France et Gamekult et coauteur de "Générations Pokémon: 20 ans d’évolutions" chez Third Editions. "Mais à partir des versions 'X' et 'Y' sorties en 2013, les jeux sont repartis sur leurs bases et depuis, chaque épisode fait d’énormes efforts sur l’inclusivité. Tout est fait pour permettre aux nouveaux arrivants de se sentir à l’aise."

"Résultat, la licence Pokémon n’a jamais été aussi populaire", explique le journaliste. "La dernière génération de jeux, les épisodes Épée et Bouclier, est l’une des plus vendues. Le jeu est aussi un des plus simples et peut être pris en main par des joueurs débutants."

Collectionnite

Pour autant, tout n’est pas que simplification dans Pokémon. "À chaque nouveau jeu, les dresseurs sont obligés de revoir leur stratégie", explique Gaël Gilson, chercheur au Louvain Game Lab de l’UCLouvain. "Les caractéristiques des créatures peuvent changer d’un jeu à l’autre. À chaque fois, c’est tout le métajeu, soit l’ensemble de stratégies développées par les joueurs, qui se voit chamboulé obligeant les joueurs historiques à s’adapter."

Chaque nouvel opus introduit des centaines de nouvelles créatures. Il est en outre possible de rapatrier ses bestioles d’un jeu à l’autre.

Sans même parler de la collectionnite qui fait partie de l’ADN de la série. Chaque nouvel opus introduit des centaines de nouvelles créatures. Il est en outre possible de rapatrier ses bestioles d’un jeu à l’autre. "Certains sont parvenus à garder leurs Pokémon depuis 25 ans", explique Loup Lassinat-Foubert. "Personnellement, j’ai toujours mon Groudon de 2003 avec moi." Difficile de ne pas s’attacher à ces créatures virtuelles quand elles peuvent partager nos vies pendant plus de 20 ans.

Phénomène social

Sur le canal réservé aux fans francophones de Pokémon sur Discord (un réseau d’échange et de communication en ligne très prisé des joueurs), les fans de la licence reconnaissent que, malgré des redondances et une baisse du challenge, les jeux gardent un goût de reviens-y. "La collectionnite est toujours aussi prenante, ainsi que les échanges avec la communauté", explique ainsi Yann, fan de Pokémon et membre du canal.

"Pokémon GO a permis de montrer à quel point Pokémon était devenu un phénomène social."
Gaël Gilson
chercheur au Louvain Game Lab de l’UCLouvain

Une communauté que l’on a vue en nombre arpenter les rues durant l’été 2016. "On a pu observer un gros regain d’intérêt avec Pokémon GO en réalité augmentée sur smartphone. Ça a sans doute redonné envie à ceux qui avaient perdu la série de vue", estime Gaël Gilson. "Mais surtout, Pokémon GO a permis de montrer à quel point Pokémon était devenu un phénomène social. Tous les joueurs qui parcouraient les rues ont bien vite développé un réel sentiment d’appartenance à une communauté. On a aussi vu beaucoup de familles, de parents faisant découvrir à leurs enfants les créatures avec lesquels ils jouaient plus jeunes." Et rares sont les jeux à pouvoir rassembler aussi bien parents et enfants autour d’une manette.

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