À Namur, 12 entreprises soutiennent la culture

De gauche à droite, Paul-Edouard Aubry (Artone), Julie Henry (Menuisol), Bernard Chambon (Buro5), Manuel Léonard (Colorisprint), Bertrand Guelette (Brasserie La Houppe). ©promethea

Namosa, le nouveau collectif d'entreprises mécènes de Prométhéa, à Namur, a lancé son premier appel à projets: 12.000 euros pour financer une œuvre ou une intervention artistique dans l'espace public namurois.

Le collectif d'entreprises est la voie royale pour le mécénat culturel par temps de crise. C'est en substance ce que déclarait Benoit Provost, directeur général de Prométhéa, en portant Namosa sur les fonts baptismaux, le 15 septembre dernier, à Namur.

Après Bruocsella (Bruxelles), Co-legia (Liège), Sambria (Charleroi), AKCess (national) et Patwal (Région wallonne), il s'agit du sixième collectif pour l'ASBL, active dans la promotion du mécénat d'entreprise pour la culture et le patrimoine, et qui compte à ce jour déjà 12 entreprises namuroises (voir ci-dessous).

"Le mécénat collectif apporte une réponse à la crise, comme on l'a remarqué en 2008. Ainsi, 60 à 70% des entreprises membres de Prométhéa le sont aussi d'un collectif d'entreprises", explique-t-il. "Nous voulons démontrer qu'il ne faut pas énormément de moyens pour soutenir la culture et le patrimoine. Si les entreprises mutualisent leur apport en donnant chacune 1.000 euros par an, ce qui est accessible, on pourra démarrer un projet, tandis qu'avec 1.000 euros pour une société qui se lancerait seule, on n'arriverait à rien." (voir ici les vidéos des collectifs de Prométhéa)

48,3%
ENTREPRISES QUI FONT DU Mécénat en Belgique
Et, parmi elles, une entreprise sur cinq soutient la culture et le patrimoine.

Rien que pour 2020, Prométhéa estime à plus de 67.000 euros le mécénat financier généré par ses différents collectifs, dont 12.000 pour Namosa qui a pris le parti de soutenir des projets créatifs et artistiques dans l'espace public namurois. "Nous voulons promouvoir l'accès à la culture pour les gens qui vivent la ville au quotidien avec un projet pérenne qui viendrait s'y implanter, comme un parcours d'artistes", détaille son président, Paul-Edouard Aubry. L'administrateur-délégué d'Artone, une société spécialisée dans le développement immobilier, parle d'une responsabilité "qui va au-delà des membres de notre personnel et de nos clients".

Responsabilité sociétale

Julie Henry, administratrice de la société Menuisol et sacrée "meilleure entrepreneuse" au concours Namur Entrepreneurship 2017, ne dit pas autre chose: "En tant qu'entrepreneurs et administrateurs d'entreprise, nous avons une responsabilité pour permettre à ceux qui n'en ont pas les moyens, ou du fait de leur éducation, d'accéder à la culture. Car la culture aide à l'ouverture d'esprit, à être toujours à l'écoute de son intériorité et à se remettre en question, sans démagogie."

"Les besoins en formation du secteur culturel n'ont jamais été aussi grands. Depuis le début de la crise, on est passé de 100 à 300 formations par an."
Benoît Provost
Directeur de Prométhéa

Elle croit aussi au partage et à la transmission du savoir, "qu'on oublie trop souvent dans notre société", et qui sont une autre vertu de ces collectifs d'entreprises, notamment à travers le mécénat de compétences. "Les besoins en formation du secteur culturel n'ont d'ailleurs jamais été aussi grands. Depuis le début de la crise, on est passé de 100 à 300 formations par an!", témoigne Benoit Provost, de Prométhéa, qui a aussi lancé la formule à succès des "speed coachings" où artistes et institutions culturelles rencontrent des professionnels de l'entreprise. "Nous croyons aussi à ce mécénat de compétences", a conclu Paul-Édouard Aubry: "Une approche philanthropique intéressante."

Collectif Namosa (Namur)

Budget: 12.000 euros par an pour un projet créatif ou artistique, pérenne, visible et accessible à tous dans la ville de Namur.

Appel à projets en 2020: date ultime de dépôt des dossiers de candidature: 15/11/20

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