Publicité
Publicité

Abraham Loeb, le chasseur de technologies extraterrestres

©AFP

Professeur d'astronomie à Harvard, Avi Loeb lance le "Projet Galilée" qui prévoit de mettre en place un réseau mondial d'appareils, afin d'observer les objets volants non identifiés.

Pour le commun des mortels, son visage est moins connu que celui de son défunt collègue et ami, Stephen Hawking. Dans le monde scientifique, ses travaux suscitent l'intérêt de ceux qui ont le regard tourné vers les étoiles. Professeur d'astronomie à Harvard, Avi Loeb a saisi à bras-le-corps le rapport sur les ovnis publié le mois passé par le Pentagone. Il a constitué autour de lui une équipe de chercheurs, issus des universités américaines d'Harvard, Princeton et Caltech, ainsi que de l'université britannique de Cambridge et de l'université de Stockholm, pour initier le "Projet Galilée". L'objectif est d'enquêter sur la possible existence de technologies extraterrestres à travers le déploiement d'un réseau mondial d'appareils observant le ciel.

L'initiative risque de faire de nouveau grincer des dents la Société Française d’Astronomie et d’Astrophysique (SF2A), qui regroupe près de 500 spécialistes d'astronomie en France. En février, à l'occasion de la campagne de promotion de son livre intitulé, "Le Premier Signe d'une vie intelligente extraterrestre", Avi Loeb avait suscité une réaction de la SF2A. L'ouvrage s'intéresse à un objet appelé 1I/' Oumuamua, aperçu dans le système solaire en 2017. Selon le professeur Loeb, les caractéristiques de l'objet suggèrent qu'il a été conçu par une civilisation extraterrestre. Pour la SF2A, même si certains aspects de l'objet ne sont pas encore élucidés, "il n’est nullement nécessaire de faire appel à une technologie extraterrestre pour le décrire". En attendant plus de réponses, l'objet est aujourd'hui classé dans la catégorie des comètes.

Mainmise du Pentagone

Bien qu'il ne soit pas un spécialiste des comètes, Avi Loeb veut lever les interrogations qui planent sur ces objets non identifiés. Le rapport sur les ovnis publié par le Pentagone, qui recense 120 apparitions inexpliquées, n'a fait que renforcer son intérêt pour ce qu'il voit comme une nouvelle branche de l'astronomie. "Le gouvernement est propriétaire des appareils qui observent ces phénomènes. Comme conséquence de cela, les données enregistrées par ces appareils sont classées secret défense", déclarait Avi Loeb récemment dans une interview pour le Futur of Life Institute.

"Mon point de départ est de me saisir du rapport pour ne plus en faire une question politicienne ou de défense nationale."
Avi Loeb
Fondateur du "Projet Galilée", professeur d'astronomie à Harvard

Convaincu qu'il y a des découvertes à faire dans cette discipline, Avi Loeb souligne qu'une des dimensions du problème a été la mainmise du Pentagone depuis toujours sur ces questions: "Nous n'avons pas besoin que Washington nous dise ce qui se passe dans le ciel. Mon point de départ est de me saisir du rapport pour ne plus en faire une question politicienne ou de défense nationale. Il nous faut l’inscrire dans le cadre de la science." Reste à savoir s'il réussira à développer les premières technologies qui vont permettre d'observer la vie extraterrestre, s'il y en a une.

Le profil

  • 1962: naissance à Beit Hanan en Israël.
  • 1986: docteur en physique, diplômé de l'Université de Jérusalem.
  • 2011-2020: président du département d'astronomie à l'université d'Harvard.
  • 2020: conseiller auprès du président américain pour la science et la technologie.
  • 2021: fondateur du "Projet Galilée".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés