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Brussels, City of stories: la ville dans sa diversité

Pendant cinq mois, Bruxellois et Bruxelloises ont pu partager leurs récits, que ce soit par la parole, le texte, le dessin ou la gestuelle. ©Jean Dujardin

Lancée au printemps, cette grande opération collective fédère les Bruxellois autour des récits que chacun porte et souhaite partager. Pour plus de respect de la multiculturalité...

"Nous avons toutes et tous une histoire qui nous est particulièrement chère." C’est avec la conviction que celles-ci sont partageables par le plus grand nombre que sept acteurs culturels bruxellois se sont rassemblés autour de ce slogan pour lancer Brussels, City of stories. Ville à l’histoire littéraire importante, qui rassemble aujourd’hui 180 nationalités et près d’une centaine de langues, Bruxelles comprend une diversité culturelle qui se traduit par la richesse des récits de vie de ses habitants: c’est ce constat qui a mené Passa Porta, la Foire du livre, Bozar, Muntpunt, la Ville des mots, le 140 et le Picture Festival à lancer différentes initiatives de mars à juillet. Toutes impliquaient de raconter une histoire à haute voix, en public.

"Comment faire des mots nos alliés dans les crises qu’on rencontre, par la notion de transmission?"
Chloé Martinache
Coordinatrice de Brussels, City of stories

"Le projet est né de notre envie commune de s’engager ensemble, de manière poétique et sociale, sur le territoire bruxellois", déclare Adrienne Nizet, codirectrice de Passa Porta. "Nous avons imaginé que chaque citoyenne et citoyen, quels que soient sa langue, son âge, sa culture ou son milieu social, puisse faire entendre les histoires qui l'animent", renchérit Carole Sturno, coordinatrice du Picture Festival.

Encadrées par un large réseau associatif constitué de bibliothèques, de CPAS, de maisons de jeunes et de centres de cohésion sociale, les actions proposées avaient pour objectif de toucher un public large, le plus varié possible: "Pas seulement le public déjà conquis par la culture", insiste Chloé Martinache, coordinatrice du projet. "L’envie de nous fédérer s’est concrétisée en 2020, motivée par le besoin d’être ensemble et de maintenir des liens, mais elle existait depuis longtemps. Au-delà de la pandémie, cela rencontre la nécessité profonde de créer du lien social et de réfléchir à ce qui fait littérature. Comment faire des mots nos alliés dans les crises qu’on rencontre, à petite ou grande échelle, par la notion de transmission?"

La parole aux habitants

Les sept acteurs à l’initiative de l’opération ont eu la bonne idée de ne pas parler de poésie ou de littérature, mais de favoriser la mixité des publics par le mot "récit" pour évacuer toute notion de maîtrise du langage ou de l’écriture, jusqu’à passer par le dessin ou la gestuelle pour raconter ce que chacun avait envie de partager. "L’objectif est de donner accès à l’altérité, et la dimension multilingue est fondamentale", rappelle Chloé Martinache.

"Toutes ces histoires sont vouées à exister le temps d’un moment de partage dans l’espace public, et pas nécessairement à être archivées."
Chloé Martinache
Coordinatrice de Brussels, City of stories

L’opération du mois de mars s’est révélée cruciale, après cinq mois sans culture: "Elle a donné aux participants un souffle important dans cette période de confinement prolongé." Cette première journée a vu la mise en place de "Livraisons d’histoires" lues par des comédiens sur le pas de la porte des personnes qui le souhaitaient. "Mais nous voulions que tout le monde puisse prendre la parole, pas seulement des raconteurs professionnels", insiste Chloé Martinache.

Alors, en mai, nombreux ont été les Bruxellois et Bruxelloises à se rassembler devant Muntpunt malgré la pluie pour découvrir le principe de la "Bibliothèque vivante", une initiative menée toute l’année par The Brussels Citizen et La Concertation – Action culturelle bruxelloise: les passants étaient invités à emprunter un "livre vivant", c’est-à-dire une personne qui racontait sa propre histoire, souvent pour aller au-delà de préjugés.

En juin, l’opération "Book Voyage!" a mobilisé les bibliothèques de différentes communes autour du récit de voyage, tandis que les "Histoires de cafés" permettaient à des collecteurs d’histoires de rencontrer les clients des bars. En juillet, le dernier volet de la saison a vu ces histoires retourner au café, où des performeurs les ont confrontées à un public le plus diversifié possible.

Pour Chloé Martinache, "toutes ces histoires sont vouées à exister le temps d’un moment de partage dans l’espace public, et pas nécessairement à être archivées. Nous choisissons des sujets qui peuvent amener tout un chacun à se connecter à une émotion." Une seconde saison est prévue l’an prochain, avec une thématique plus précise, un agenda et des formats différents. D’ici là, de nombreuses traces photographiques des cinq journées vécues cette année sont visibles sur le site.

Brussels, City of stories, www.cityofstories.brussels

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