Ça flingue sur la scène culturelle bruxelloise

Michel Draguet (photo), le directeur des Musées royaux des Beaux Arts n'a pas apprécié un discours du futur directeur du musée Kanal, Yves Goldstein. Et la température est vite montée entre les deux hommes. ©Saskia Vanderstichele

Pour une prise de bec, ce fut une jolie prise de bec. La semaine dernière, Michel Draguet le directeur des Musées royaux des Beaux-Arts et Yves Goldstein, directeur du futur musée bruxellois d'art contemportain "Kanal", ont réglé leurs comptes en public.

Mardi dernier, le collectionneur bruxellois Patrick Derom, spécialiste des symbolistes belges Khnopff, Ensor, Spilliaert et compagnie, avait réuni une jolie assemblée autour de trois tables fort relevées. Il y avait là d’autres collectionneurs comme Herman Daled, Jean-Claude Marian, Baudouin Michiels, mais aussi Paul Dujardin (Bozar), Dirk Snauwaert (Wiels), Michel Draguet (Musées royaux des Beaux-Arts).

Même son Excellence l’ambassadeur de France s’était déplacée. L’occasion d’écouter Yves Goldstein, le directeur du futur musée "Kanal" que la Région bruxelloise met en place dans les garages Citroën. Dans son speech, l’ex-dircab de Laurette Onkelinx et de Rudi Vervoort s’est exclamé qu’il y aurait des centaines d’œuvres, avec ce "machin de Broodthaers"… (les collectionneurs présents ont alors compris l’ampleur de sa connaissance des œuvres), en évoquant "son" projet à la première personne. Une convive a remarqué à mi-voix: "Il se prend pour Fidel Castro? Il confond les syndicalistes de Frameries avec les collectionneurs et les passionnés d’art".

"On est plus près du crash que du test"

Goldstein a ensuite parlé de "crash test" pour évoquer l’ouverture de ce futur musée d’Art contemporain. Ce qui a eu le don de faire bondir Michel Draguet: "Ca fait cher le crash!", a-t-il balancé à Yves Goldstein. "Et d’après moi, on est plus près du crash que du test. Avec un budget de 175 millions d’euros, ce projet va bouffer tous les subsides bruxellois et assécher tout le reste. Ça va être un crash au niveau du management, ce projet, c’est un désastre politique". Yves Goldstein a alors fait valoir qu’il n’était absolument pas à ce poste pour des motifs politiques. Ce à quoi Draguet a encore répliqué: "Mais de qui se moque-t-on, quand on représente le PS dans les CA de la SNCB ou ailleurs, quand on a fait toute sa carrière dans les cabinets socialistes, il faut oser prétendre cela!" Et Goldstein de pointer à son tour Draguet: "Moi aussi je pourrais en raconter sur la manière dont tu fais de la politique!"

©Nicolas Vadot

Goldstein est alors sorti de la pièce, furibond, puis est revenu après s’être calmé. Michel Draguet a cru bon de créer un incident diplomatique: "On est en train d’assister à une colonisation culturelle par les Français…", puisque c’est le centre Pompidou qui a la main dans ce projet. Mme l’ambassadeur de France s’est alors offusquée: "M. Draguet, je ne peux pas accepter ce que vous dites. C’est une collaboration, pas une colonisation". Voilà, voilà. Tout le monde s’aime dans le milieu culturello-politique bruxellois…

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