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Doris Day (1922 - 2019) | "Que sera, sera"

Doris Day, décédée lundi en Californie à l’âge de 97 ans des suites d’une pneumonie, restera dans les mémoires pour "Que sera, sera", un tube planétaire qui lui a permis de réunir les deux axes de sa carrière: la chanson et le cinéma.

La blonde aux deux étoiles sur le "Walk of Fame" d’Hollywood a 34 ans, en 1956, quand Alfred Hitchcock lui donne le rôle émouvant d’une mère dont l’enfant est enlevé par des espions venant du froid dans son classique "L’Homme qui en savait trop".

Aux côtés de James Stewart et de Daniel Gélin, Doris Day joue un rôle taillé sur mesure: celui d’une chanteuse célèbre qui interprète "Que sera, sera" à tue-tête pour signaler à son fils que l’heure de la libération est proche. Le morceau, signé Jay Livingston et Ray Evans, décroche l’Oscar de la meilleure chanson originale.

Doris Day

Des Oscars, Doris Day n’en décrochera pourtant aucun, malgré une quarantaine de films et l’adoration du public. Son côté voisine sympa, joyeuse et sans histoires ne séduira pas la critique cinématographique et elle devra se contenter d’un "Grammy" pour sa carrière de chanteuse, avec 650 titres et une vingtaine d’albums à son actif. Pour la critique de cinéma Molly Haskell, Doris Day était "l’actrice la plus sous-estimée, la moins bien reconnue qui soit jamais passée par Hollywood".

©Collection Christophel

Romance à Rio

Sa carrière commence au début des années 1940. Doris Day chante pour le big band de Les Brown, avec qui elle interprète "Sentimental journey", futur hymne du retour des soldats à la maison après la victoire de 1945. Mais la jeune femme a déjà divorcé d’un premier mari, violent, mettant fin au premier de quatre mariages, dont aucun ne durera.

En 1948, elle tourne son premier film, "Romance à Rio", qui sera suivi d’autres succès comme "La Blonde du Far-West" ("Calamity Jane", 1953), "Les Pièges de la Passion" ("Love me or leave me", 1955) ou "Ne mangez pas les marguerites" ("Please don’t eat the daisies", 1960). Doris Day brille surtout dans les comédies romantiques, un genre qui culmine en 1959 avec "Confidences sur l’oreiller", où elle tourne aux côtés de Cary Grant et Rock Hudson. Le film est le seul qui lui vaudra une sélection aux Oscars.

©BELGAIMAGE

Tout au long de sa carrière, Doris Day s’efforce de défendre son image d’Américaine propre sur elle, refusant en 1967 le rôle de Mme Robinson dans "Le Lauréat", jugeant trop osé ce rôle de mère de famille voulant séduire un jeune et innocent Dustin Hoffman. "J’aime être gaie. J’aime m’amuser sur un tournage. J’aime porter de beaux vêtements et être belle. J’aime sourire et que les gens rient. C’est tout ce que je veux", résumait-elle lors d’une interview.

Dans les années 1970, sa carrière bat de l’aile et Doris Day crée une fondation de protection des animaux, qu’elle accueillait dans sa résidence de Carmel, en Californie, à côté de chez Clint Eastwood. C’est cette fondation qui a annoncé sa mort lundi.

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