Festival | Brute poésie

©Abdessamad El Montassir

La vocation du festival "Moussem Cities" est de mettre un coup de projecteur sur une métropole arabe. L’enjeu est de créer des allers-retours incessants entre les cultures et de redéfinir le sens de l’hospitalité, en favorisant la rencontre avec l’autre qui vient bouleverser notre identité. Mais c’est aussi une manière de créer des territoires insolites, de brouiller les géographies établies.

Carte blanche est cette année donnée à Casablanca. La ville s’est donc "installée" dans différentes institutions culturelles bruxelloises. Représentante d’un Maroc tourné vers la modernité tout en étant tentée par la tradition et le raidissement, Casablanca est en pleine ébullition artistique. Une jeune génération d’artistes dresse un portrait en mouvement de la ville, évoquant son contexte social, politique, ainsi que le dialogue entre un Maroc ouvert vers un monde qui change et une Europe qui peine, chaque jour, à sauver ses idéaux universels.

En se tenant à la fois dedans et dehors, ces artistes multiplient les points de vue sur la ville, qui semble se raconter depuis ses marges. C’est également l’occasion pour eux de porter un regard sur les archétypes de leur culture, de saisir la force, mais aussi la dureté du Maroc contemporain.

"Raw poetry" expose trois artistes. En se centrant essentiellement sur la vidéo, le travail de Randa Maroufi consiste à révéler le désir d’émancipation des femmes à travers la tension entre l’espace public et privé. Youssef Ouchra travaille pour sa part à la construction d’une œuvre complexe, qui repose sur la performance et se concentre notamment sur la figure de l’artiste, mais aussi sur la mise en question des appartenances.

Quant à Mostafa Saifi Rahmouni, il se base, dans sa photographie, sur des événements réels, personnels ou collectifs. En ce cas, il tente de reconstituer "le voyage du pain" à travers la ville en observant les différentes valeurs qu’il prend en passant de main en main. Ce faisant, il cherche à dépasser tous les préjugés culturels, qu’ils soient occidentaux ou arabes, pour mieux interroger la condition humaine.

"Raw Poetry", jusqu’au 17 mars à Bozar à Bruxelles.

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