interview

Françoise Nyssen: "Kanal enrichit ce que les Français appréhendent de la culture belge"

©BELGA

Françoise Nyssen, ministre française de la Culture, connaît bien Bruxelles. Elle y a vécu une jeunesse studieuse au Lycée français et à l’ULB. Invitée de marque vendredi de l’inauguration officielle de l’exposition Kanal Brut qui animera – en collaboration avec le Centre Pompidou –, le garage Citroën de la place de L’Yser, elle arrivait donc en terre connue.

Si la ministre Françoise Nyssen, qui fut belge de nationalité jusque dans les années 1990, n’aura fait qu’une brève apparition cette semaine, l’exposition, elle, durera 13 mois. En attendant les travaux qui, selon les responsables, feront de ce lieu un musée d’art contemporain doublé d’un espace de vie ouvert sur la ville et ses habitants. En marge de cette première visite officielle, Françoise Nyssen a accordé quelques minutes d’interview à L’Echo.

Après cette brève visite de l’exposition, quelles sont vos premières impressions?
Je suis ici dans un lieu qui bouillonne. Un lieu que la culture va animer. La culture, c’est la cohésion sociale, c’est le lien, le vivre-ensemble. Nous sommes au cœur de l’Europe et c’est un projet de co-construction, un projet qui impulse quelque chose. On avait toutes les raisons de venir sur la Senne alors que nous venons des bords de la Seine.

"Il est important que la culture circule, qu’elle se nourrisse de là où elle peut aller."
Françoise Nyssen
Ministre française de la Culture

Quel sens donnez-vous à votre présence ici à Bruxelles pour cet événement?
La culture près de chez vous, c’est un axe politique fondamental. La France et l’Europe présentent un maillage culturel absolument exceptionnel. Il est important que les gens aient accès à la culture et que celle-ci circule, s’invite et se nourrisse de là où elle peut aller. Ce projet est un exemple à cet égard. Le Centre Pompidou a toujours fait circuler des œuvres. Et il circule lui-même, en allant par exemple à Metz. Ici, à Bruxelles, c’est à nouveau le cas, c’est un enrichissement réciproque. Nous nous retrouvons dans un lieu symbolique de l’Europe qui se construit par la culture.

Que dites-vous des craintes exprimées en Belgique sur une forme de mainmise de la France sur un projet culturel bruxellois?
En visitant ce lieu, je vois une chose: des jeunes artistes belges qui sont invités à s’emparer du lieu, à produire et qui vont faire émerger quelque chose qui va enrichir ce que les Français vont appréhender de la culture belge. C’est un lieu interdisciplinaire de bouillonnement de la scène belge avec un espace de spectacle, un concept store, l’architecture sera également à l’honneur. C’est un lieu emblématique de la vie culturelle.

 

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