Google fait la promo de la culture

On aperçoit dans le fond, un Museum View Trolly qui permet de réaliser une version pédestre du streetview. ©Olivier Anbergen

Le géant informatique a installé un laboratoire éphémère à Bruxelles pour promouvoir le Google Cultural Institute.

Le projet a été lancé en 2011 – avec 17 partenaires pilotes – mais Google passe aujourd’hui à la vitesse supérieure pour faire connaître le Google Cultural Institute, notamment aux milieux culturels belges. Un laboratoire éphémère s’est installé pour un mois dans l’ancien artshop de Bozar pour faire la démonstration du savoir-faire et des potentialités de cet outil de partage de la culture.

On aperçoit dans le fond, un Museum View Trolly qui permet de réaliser une version pédestre du streetview. ©Olivier Anbergen

Plateforme virtuelle, le Google Cultural Institute permet d’accéder en ligne à des œuvres d’art abritées dans les institutions partenaires qui sont aujourd’hui quelque 800 musées dans 64 pays, dont la moitié situés en Europe, et 9 en Belgique. Huit millions de documents sont actuellement en ligne, répartis en 3 catégories. Le projet artistique rassemble les pièces, peintures, sculptures, mobiliers, de tous types de musées à travers le monde. Le projet historique présente plus de 1.100 expositions de documents en lien avec des moments historiques de l’histoire humaine. Il est ainsi possible de consulter les lettres écrites en prison par Nelson Mandela ou suivre pas à pas, au travers de photographies, la construction de Brasilia. Enfin, le World Wonders Project réalisé en partenariat avec l’Unesco permet de visiter, en mode streetview, des sites iconiques comme Pompéi ou la grande barrière de corail.

©Olivier Anbergen

"Mais il ne s’agit pas seulement d’une banque de données, insiste Pierre Caessa du Google Cultural Institute, nous mettons aussi des outils à la disposition des musées pour faire du storytelling." On peut en effet voir à Bruxelles, un Museum View Trolly une petite tourelle semblable à celle des voitures Google qui a servi à réaliser le Streetview. Montée sur roulettes et baladée dans certains musées, elle a permis de réaliser un parcours virtuel de lieux comme le MoMA à New York, le château de Versailles, le musée de l’Acropole à Athènes ou le Bergamon Museum de Berlin. Le visiteur virtuel attiré par une œuvre peut d’un clic en découvrir le titre, les détails, le texte et l’agrandir jusqu’à découvrir, loin à l’arrière-plan, des baigneuses présentes dans "Les moissonneurs" (1565) de Pieter Brueghel l’Ancien ou le portrait d’André Malraux, ministre français de la Culture à l’époque où Chagall a réalisé la fresque du plafond de l’Opéra Garnier à Paris.

Un meilleur internet

Le lab

Art et technologie

Si le Google Cultural Institute est une plate-forme virtuelle, elle dispose également d’un espace physique à Paris baptisé le Lab. Il s’agit d’un espace d’exploration de nouvelles expériences où sont invités des experts, des curateurs, des artistes, des de-

signers et des penseurs afin de réfléchir à des projets visant à mettre la technologie au service de l’art. À disposition des artistes, un atelier bien équipé: écran géant interactif, station de capture 3D, appareil photo gigapixel, imprimante 3D, découpe laser…

Le Google Cultural Institute est une organisation non lucrative basée à Paris et qui emploie 25 personnes. Toute institution disposant d’un projet intéressant peut venir frapper à sa porte. Si un partenariat est conclu, la firme informatique réalisera, gratuitement, scans en 3D de statues, photographies en très haute définition et autres applications à l’usage des musées ou de leurs visiteurs. Son passage à Bruxelles vise à rencontrer des responsables d’institutions belges pour tenter de les amener à collaborer à cette initiative. Des discussions ont ainsi notamment déjà eu lieu avec le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles qui pourraient déboucher sur la visite virtuelle de la salle Henry Le Bœuf ou la mise en ligne d’expositions.

Huit millions de documents venant de 800 musées dans le monde sont actuellement en ligne.

Difficile de croire que le géant américain offre ses services sans aucune contrepartie, pourtant il prétend que oui. "Nous voulons donner une impulsion pour rendre la culture plus visible, affirme Pierre Caessa, susciter un désir de visiter, partager les richesses culturelles et créer un meilleur internet." Google constitue ainsi d’une gigantesque banque de données d’œuvres d’art, mais ne dispose pas, si on en croit le responsable du Google Cultural Institute des copyright, des droits d’exploitation de ces œuvres.

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