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Innover ou se rebeller

Journaliste

C'est la rentrée culturelle, où il faut relancer et réinventer.

"Allez au théâtre, allez au cinéma, vous ne risquez rien!" Une phrase que le secteur culturel aurait voulu entendre avec l’accent de Rhode-Saint-Genèse plutôt qu’avec celui du sud-ouest. C’est en effet Jean Castex, le Premier ministre français, qui la prononçait mardi sur les ondes de France Inter, en annonçant en prime deux milliards d’euros pour le secteur culturel dans un plan de relance qui en compte cent.

On dira qu’en France, la culture est affaire de prestige, de diplomatie et d’attractivité touristique. En Belgique, on ne sait plus très bien ce qu’elle représente. À quelques jours de la rentrée culturelle, les opérateurs culturels n’avaient d’autres espoirs que dans les dérogations à la règle des 200 personnes autorisées dans les salles de spectacle (et 400 en extérieur). Le bourgmestre Willy Demeyer, à Liège, s’en était saisi cette semaine pour demander à la ministre de Culture, de pouvoir remplir à moitié les salles de la Cité ardente. Dérogation acceptée par Bénédicte Linard, qui a ensuite ramené la distance de sécurité de 1,5 à 1 mètre, au grand soulagement du secteur qui peut espérer sauver sa rentabilité.

Les opérateurs différaient en effet la mise en vente des abonnements et des tickets de leur nouvelle saison, faisant également face à une demande en berne qui risque d’en hypothéquer la réalisation, avec les conséquences dramatiques sur l’emploi que cela suppose.

Gunther Broucke, au Brussels Philharmonic, revendique lui aussi de pouvoir tout expérimenter – nouveaux formats de concert, nouveaux rapports au public, nouvelle utilisation des salles, nouveaux business.

Une situation confuse qui en laisse plus d’un désemparé, à juste titre, mais aiguillonne aussi des managers culturels qui veulent voir dans cette crise de nouvelles opportunités, non seulement pour sauver leur activité mais aussi pour la faire évoluer dans un sens parfois inattendu. C’est le cas de Gilles Bazelaire, l’évangéliste digital de Namur, à qui l’on doit le Kikk Festival, rompu aux écosystèmes innovants où se croisent entrepreneurs, chercheurs, artistes pour créer de nouveaux modèles "out of the box".

Gunther Broucke, au Brussels Philharmonic, revendique lui aussi de pouvoir tout expérimenter – nouveaux formats de concert, nouveaux rapports au public, nouvelle utilisation des salles, nouveaux business. Pour lui, cette crise nous oblige à tout réinventer. Et il le fait. Une bouffée d’oxygène suffisante pour sauver le malade culture, condamné aux oubliettes?

Il reste aussi la rébellion, nous dit Bazelaire.

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