Kanal fait ses comptes et peaufine son contrat de gestion

©AFP

Premier bilan pour Kanal-Centre Pompidou, six mois après son ouverture, qui annonce 150.000 visiteurs, des partenariats avec des opérateurs culturels bruxellois et un modèle "50-50" entre subsides et recettes propres.

Six mois après son ouverture en fanfare, Kanal-Centre Pompidou, le nouveau musée d’art contemporain de Bruxelles, situé dans l’ancien garage Citroën de la place de l’Yser, fait un premier bilan de ses activités. Encore qu’Yves Goldstein, son directeur, préfère parler de "point d’étape" et évacue d’emblée les mots "succès" ou "échec".

Kanal - Centre Pompidou by Visit Brussels

Le moment est crucial pour la jeune fondation qui doit négocier avant la fin de l’année son contrat de gestion avec la Région de Bruxelles-Capitale. Celui-ci balisera le projet pour la période 2020-2022, durant laquelle les grands travaux seront mis en œuvre, tandis que les activités culturelles se poursuivront dans le showroom, à front de rue, et hors les murs, chez des partenaires.

C’est le nombre de visiteurs estimés depuis 6 mois, dont 75.000 payants, 4.500 enfants et 1.500 élèves.
150.000
visiteurs

"Cette année de préfiguration nous permet aussi une expérimentation budgétaire pour voir ce qu’un lieu tel que celui-ci peut générer comme recettes propres, de quels subsides il a besoin et pour quelle ambition culturelle."

Yves Goldstein annonce un modèle économique "révolutionnaire" au regard du secteur culturel belge, financé à 50% sur recettes propres et à 50% par des subsides de la Région, alors que, dit-il, on tourne généralement entre 70 et 100% de subsides.

Le directeur affirme avoir déjà atteint cet équilibre lors de ces six premiers mois en multipliant les recettes propres (billetterie, organisation d’événements, location de salles, sponsoring et mécénat). "Cela va avoir un impact sur le business plan en termes d’espaces qui seront alloués à des concessions (bars, restaurants, shops). Cette année de préfiguration est ainsi très précieuse pour le travail avec les architectes dans le cadre de la préparation du dossier de dépôt du permis d’urbanisme."

A voir actuellement à Kanal: les "Children's Games" du Belge Francis Alÿs (ici le #15: Espejos)

Ces premiers mois ont aussi permis d’ébaucher plusieurs partenariats avec des opérateurs culturels bruxellois, comme, récemment, le centre du design Adam, la Cinematek et bientôt La Cambre dont les étudiants présenteront à Kanal leurs travaux de fin d’études. Une autre manière de mutualiser les coûts de production et de battre en brèche la critique récurrente de "colonisation" par les Français du Centre Pompidou qui valorisent à Kanal leurs riches collections d’art moderne et contemporain, et leur réseau, comme l’a encore dénoncé, dans les colonnes de l’hebdo flamand Bruzz, Frie Leysen, la fondatrice du KunstenFestivaldesArts.

Yves Goldstein refuse en tout cas que l’on extrapole à Kanal le modèle économique de Bozar, soit 1 million d’euros par 1.000 m2, ce qui porterait les frais de fonctionnement de son institution à… 40 millions par an. "Dans un bâtiment moderne, une fois rénové, ce sera moins. Nous devrons avoir davantage que nos 20 temps pleins actuels, mais pas 300 à 400 personnes, comme à Bozar."

>L'année de préfiguration se poursuit à Kanal jusque fin juin 2019 (site officiel de l'institution)

>Les 6 propositions artistiques à voir en ce moment (L'Echo du 12/09/18

Actuellement à voir dans le showroom de Kanal: "Red and White", en partenariat avec le centre du design bruxellois ADAM. ©(c) Veerle Vercauteren


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