"L'Agneau mystique" en danger à Gand

©© Archivo Iconografico, S.A./CORBIS

Les conditions de conservation ne sont pas réunies au Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK) pour la restauration de "l'Agneau mystique" de van Eyck. Après le prêt Toporovski, suspecté de faux, cela fait beaucoup.

40%. Un chiffre anodin mais qui peut rendre blême le restaurateur d’art. C’est, selon De Standaard de ce lundi, le taux d’hygrométrie enregistré après une brusque chute dans la salle dédiée à la restauration de "L'Adoration de l’Agneau mystique" de Jan van Eyck, l’un des chefs-d’œuvre absolus de la peinture occidentale.

La norme optimale de conservation s’établissant à 55%, ce taux anormal fait courir aux panneaux de bois peint, vieux de près de 600 ans, le risque réel de se fendre.

Selon nos confrères, ce problème d’humidification serait connu depuis décembre et toujours non résolu à ce jour. Dans un courrier interne du 27 février dernier, adressé à Catherine de Zegher, la directrice du Musée des Beaux-Arts de Gand (MSK), où cette restauration a lieu, la directrice générale de l’Institut royal du patrimoine artistique (IRPA) s'est dit "très préoccupée" et regrette "l’absence de protocoles pour la sécurité des visiteurs, du personnel et surtout des oeuvres."

Le politique s'en mêle

Ce lundi, cette sortie dans la presse a fait monter au créneau le Ministre-Président de la Région flamande, Geert Bourgeois (N-VA), et le ministre flamand de la Culture, Sven Gatz (Open VLD), appelant "les parties à exclure ces risques lors de la restauration du patrimoine le plus important de Flandre."

La restauration de l'"Agneau mystique" ©Photo News

Une tuile de plus pour Catherine de Zegher qui doit faire face, dans la même édition du Standaard, à une lettre ouverte à son encontre, signée par 16 directeurs de musées flamands (dont le KMSK d’Anvers, le musée Groeningen de Bruges, le M de Louvain et le Mu.zee d’Ostende, partenaires directs du MSK de Gand). Pour les signataires, le MSK a bafoué toutes les règles de déontologie en acceptant le prêt douteux de la collection privée d'art russe d'Igor Toporovski. Ils intiment à sa directrice, Catherine de Zegher, de sortir enfin de son mutisme et aux autorités publiques, de remettre en selle une commission d’enquête indépendante.

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