La petite histoire des grandes batailles navales

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"Chesapeake, Trafalgar, Jutland, les grandes batailles navales", tomes 1 à 3, Delitte et Béchu, Glénat, 56 pages, 14,95 €.

On dénombre plus de 600 batailles navales depuis l’Antiquité… Largement de quoi inspirer les écrivains et les scénaristes. Cela ne pouvait pas échapper à l’éditeur Jacques Glénat, passionné de voile s’il en est, qui en a fait une collection de bandes dessinées. Et qui d’autre pour la diriger que Jean-Yves Delitte? L’auteur belge est passé maître dans les reproductions de vieux gréements. Ce n’est pas pour rien qu’il est aussi membre de l’académie des Arts et des Sciences de la Mer. Près d’une vingtaine d’albums à son actif qui ont, de près ou de loin, rapport à la mer.

"La matière n’est pas ce qui manque, constate-t-il. La difficulté est de choisir les bonnes batailles", précise-t-il. Un choix forcément subjectif, mais guidé aussi par la raison. "Il y a des incontournables, comme Trafalgar, que tout le monde connaît, ne fût-ce que de nom. Et puis il y a celles qui ont une importance historique déterminante, même si, sur le plan purement marin, ce ne fut pas exceptionnel."

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Trafalgar, sans doute l’une des plus connue, est militairement importante, tant la stratégie de Nelson était osée et a brisé tout espoir de conquête de l’Angleterre pour Napoléon. Mais elle n’est pas directement déterminante dans le conflit entre l’Empire et l’Angleterre.

A l’inverse, la bataille de Cheasapeake, durant la guerre d’indépendance des Etats-Unis, ne fut qu’une escarmouche de quelques heures au large de la Virginie, mais elle a permis de faire basculer le conflit et de favoriser la victoire de Washington.

Troisième opération navale retenue pour cette première fournée, la bataille de Jutland. Durant la Première Guerre mondiale, elle opposa les marines allemande et anglaise au large du Danemark, en 1916. Elle ne changea donc pas l’issue du conflit, mais elle a constitué l’une des dernières grandes batailles navales entre cuirassiers, avant que l’aviation ne devienne l’arme maîtresse des conflits modernes.

Delitte est intarissable sur le sujet et cite encore, en vrac, celles d’Hampton Road, avec ses premiers bateaux à vapeur et cuirassés, Lepante qui assura la domination chrétienne sur la Méditerranée, Actium durant l’Antiquité… Au total, c’est près d’une trentaine de batailles qui sont mises en scène par l’auteur. "A chaque fois, je me suis attaché à ne pas être seulement didactique, mais de raconter une histoire. Celle de gens qui étaient là, un marin, un militaire à terre… à partir d’anecdotes glanées dans la documentation. C’est ce qui rend ces histoires accessibles."

Delitte dessine deux des trois albums de cette première livraison. Avec la dextérité et la précision qui sont les siennes. La rigueur est magistrale, tant pour les uniformes que pour le rendu des navires. "C’est un vrai plaisir, à chaque fois renouvelé. J’ai été formé au journal ‘Tintin’, ce qui me permet de travailler vite, mais dans le détail." Et visiblement ce n’est pas incompatible.

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