Le débat gauche-droite s'invite dans le monde culturel flamand

©ID/Franky Verdickt

La candidature de Mia Doornaert à la tête du "Vlaams Fonds voor de Letteren" sur proposition de la N-VA, met le monde culturel flamand en ébullition.

Depuis une semaine, le monde culturel flamand est en ébullition. En cause, la candidature de Mia Doornaert à la présidence du Vlaams Fonds voor de Letteren (Fonds flamand des Lettres), un organisme qui accorde notamment des subsides aux auteurs. Le profil de centre-droit de Mia Doornaert indispose en effet une grande partie du monde culturel flamand.

Contre l’islam radical

Mia Doornaert, 72 ans, est native de Courtrai. Longtemps correspondante à Paris pour le journal De Standaard, elle a présidé l’aile flamande de l’Association des journalistes professionnels (AJP) avant de prendre la direction de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), ce qui lui a valu le titre de baronne en 2003.

Féministe assumée, elle fournit régulièrement des chroniques dans De Standaard où elle dit tout droit ce qu’elle pense de ceux qui attaquent les droits des femmes, à commencer par les adeptes de l’islam radical. Elle fustige également le relativisme culturel lorsqu’il prend le dessus sur les droits fondamentaux. Ces prises de position lui valent de nombreux détracteurs au sein d’une certaine gauche bien-pensante qui n’hésite pas à la taxer d’"islamophobie" voire de "racisme". Bref, Mia Doornaert est un personnage qui ne laisse pas indifférent.

Qu’à cela ne tienne, le gouvernement flamand décide début juillet de proposer sa candidature à la succession de Jos Geysels, ancien président de Groen, à la tête du Vlaams Fonds voor de Letteren. Parmi les multiples réactions d’indignation, la plus remarquée fut celle de Bleri Lleshi, auteur et philosophe d’origine albanaise, qui figure parmi le top 25 de Knack des allochtones les plus influents en Belgique. Il a fustigé le "racisme implicite" et "l’islamophobie" de Mia Doornaert, ce à quoi l’intéressée a qualifié son détracteur de "petit bonhomme marginal" (marginaal mannetje). À l’agence Belga, elle a déclaré que cette polémique contre elle "était de nature politique", tout en s’excusant pour ses propos à l’égard de Bleri Lleshi.

Politisation

Au-delà de la polémique sur les idées de Mia Doornaert se pose également le débat sur la politisation d’un poste au sein du monde culturel. Le passé politique de Jos Geysels ne semblait pas déranger ceux qui aujourd’hui s’insurgent contre la candidature de Doornaert, note Yves Petry. Mais il se fait qu’entre la N-VA et le monde culturel, généralement hostile à toute forme de nationalisme, le courant n’est jamais passé.

La candidature de Doornaert doit à présent être entérinée en septembre par le conseil d’administration du Fonds. Ce qui, pour l’heure, semble loin d’être gagné.

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