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Max Hollein, un Autrichien au secours du Met

Depuis treize mois, le Metropolitant Museum of Art de New cherchait un remplaçant à son controversé directeur Thomas Campbell. Il a finalement jeté son dévolu sur Max Hollein. Ce Viennois talentueux aime multiplier les coups.

Patience et longueur de temps… En 2009 déjà, le quotidien financier allemand Handelsblatt affirmait qu’il était un sérieux "candidat dans la course au poste de directeur du musée le plus convoité au monde: le Metropolitan Museum of Art de New York". Le Met a finalement annoncé, mardi, la nomination de Max Hollein au poste de directeur.

Le célébrissime musée de la Cinquième avenue fondé en 1870, dont les collections couvrent plus de 5000 ans de notre histoire, cherchait depuis treize mois un remplaçant au controversé Thomas Campbell qui avait plombé les comptes de l’institution avec des pertes récurrentes qui avaient atteint 8,3 millions de dollars sur l’exercice 2015-16.

Pour redresser la barre, l’établissement a dû licencier une partie de son personnel, annuler la construction d’une nouvelle aile dont le coût était estimé à 600 millions de dollars et instaurer un prix d’entrée de 25 dollars pour les touristes, mettant ainsi fin à sa tradition de demander aux visiteurs de payer la somme de leur choix.

Le profil
  • 7 Juillet 1969: Naissance à Vienne
  • 1995: Max Hollein travaille pendant cinq ans auprès de Thomas Krens, le directeur du Guggenheim Museum de New York
  • 2001: Il rentre à Francfort pour diriger simultanément la Schirn Kunsthalle, le Städel Museum et la Liebieghaus
  • 2016: L’Autrichien prend la direction des musées des Beaux-Arts de San Francisco
  • 10 avril 2018: Le Metropolitan Museum of Art de New York le nomme directeur du musée. Il occupera ce poste à partir de l’été prochain.

Grand écart entre les USA et l’Europe

Âgé de seulement 48 ans, Max Hollein a déjà une longue carrière derrière lui. Ce père de trois enfants, marié à une architecte prénommée Nina devenue créatrice de mode, a toujours fait le grand écart entre l’Europe et les Etats-Unis. Après ses études à Vienne, cet Autrichien a été recruté en 1995 par le Guggenheim Museum de New York où il a travaillé pendant cinq ans auprès de Thomas Krens, le directeur qui a transformé le musée en un label planétaire avec des établissements à Bilbao, Berlin, Abu Dhabi, Venise et Las Vegas.

De retour sur le Vieux Continent, il a dirigé la Schirn Kunsthalle de Francfort de 2001 à 2016 tout en prenant simultanément la tête du Städel Museum et du Liebieghaus (de 2006 à 2016). À la tête de ces trois institutions culturelles, il a choisi de suivre, selon ses propres termes, "une stratégie multimarques". Il possédait ainsi un bureau, une assistante et une équipe différente dans chaque musée. "Nous nous fixions des objectifs, expliquait-il dans un entretien au Handelsblatt. Il pouvait s’agir d’un nombre de visiteurs, d’atteindre des cibles spéciales ou d’un montant de fonds à lever auprès des sponsors."

Pour attirer le public, il multipliait les "coups". "Nous faisions des actions qui coûtaient peu mais qui attiraient beaucoup d’attention", résume-t-il. Pour promouvoir l’exposition de Cranach, il a offert aux pharmacies et aux magasins de photocopies de Francfort des affiches des œuvres de l’artiste qui possédait lui-même une pharmacie et une imprimerie. Pour "Shopping - 100 ans d’art et de consommation" qui critiquait le consumérisme, Max Hollein a transformé en 2002 le grand magasin Kaufhof en succursale de la Schirn. Cette initiative a fait coup double. Plus de 56.000 personnes ont visité l’exposition et Kaufhof a enregistré une hausse spectaculaire de ses ventes. Pour l’exposition "3?" de 2004, Max Hollein a demandé à dix artistes de réaliser des courts-métrages de trois minutes qui étaient financés par le sponsor T-Online sur la plateforme internet duquel les films étaient également été projetés.

Nommé en juin 2016 directeur des musées des Beaux-Arts de San Francisco, le talentueux Viennois est parvenu en moins de deux ans à rajeunir l’image de ces établissements en attirant les millénials dans ses galeries. Durant l’exposition consacrée aux pyramides mexicaines de Teotihuacan, les jeunes pouvaient notamment explorer l’ancienne cité aztèque en jouant sur le jeu vidéo Minecraft. Les habitués du Met peuvent s’attendre à quelques "surprises" dans les mois prochains…

Précoce

En 2001, alors qu’il avait à peine passé le cap de la trentaine, l’influent magazine britannique Art Review le classait déjà parmi les dix directeurs de musées les plus importants du monde, aux côtés des dirigeants de la Tate Modern à Londres, du MoMA à New York et du Centre Pompidou à Paris.

Un fameux papa

Son père, décédé en 2014, est le célèbre architecte Hans Hollein. Vainqueur du Prix Pritzker en 1985, il a notamment conçu le musée d’art moderne de Francfort et Vulcania, le parc européen du volcanisme localisé dans le Puy-de-Dôme, en France.

Double cursus

En Autriche, il a choisi de suivre deux cursus en parallèle en étudiant l’histoire de l’art à l’université de Vienne et l’administration des affaires à la Wirtschaftsuniversität. Cette double casquette est rare dans le monde muséal.

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