Ne prenez pas froid avec nos sorties culturelles

"Noël au théâtre" convie les plus jeunes et leurs proches à venir goûter à l’inventivité des arts de la scène en Belgique francophone. ©orianne lopes

On peut décider de cocooner avec un bon film Netflix ou tenter un sortie... Dans ce cas, voici notre sélection parmi les pièces de théâtre, les films, les concerts et les expos de cette fin d'année. Et c'est la fête pour toute la famille!

Pour les familles, c'est Noël au théâtre!

5 jours de festival, 22 spectacles dont 5 nouvelles créations: comme chaque année, "Noël au théâtre" convie les plus jeunes et leurs proches à venir goûter à l’inventivité des arts de la scène en Belgique francophone.

Pour les vacances, pleins feux sur le théâtre et la danse jeune public avec la 38e édition de "Noël au théâtre". Organisé par la CTEJ, qui représente une centaine de compagnies jeune public, le festival se déploie dans 10 lieux bruxellois partenaires qui accueillent le tout public, de 1 à 100 ans, pour 41 représentations ainsi que des extras, une lecture, une expo et des rencontres professionnelles. Le Rideau, qui avait dû suspendre sa participation le temps des travaux de sa maison de théâtre, accueille désormais à nouveau le festival en ses murs.

Autre nouveauté cette année, "Noël au théâtre" s’ouvre à la francophonie au-delà des frontières et propose un Focus Afrique, avec deux créations à partir de 6 ans au Théâtre La montagne magique: le Théâtre du Papyrus y présente "Les enfants d’Amazi", une création de la région des Grands Lacs; "Pinocchio le Kikirga" est né de la rencontre entre le Théâtre des 4 Mains et le Théâtre Soleil de Ouagadougou, une compagnie qui travaille à l’émergence du théâtre jeune public en Afrique de l’Ouest. Mais il n’y a pas qu’à Bruxelles que le théâtre et la danse jeune public s’invitent en décembre: encadrés par la CTEJ, 32 lieux et théâtres en Belgique se mobilisent pour offrir un panel de 28 spectacles du 20 décembre au 5 janvier. De quoi passer des vacances bien au chaud dans les gradins…

Nos trois coups de cœur
1. "Suzette Project"

Sélectionné par le Théâtre des Doms cet été à Avignon, "Suzette Project" est la première création de la Daddy Cie: un spectacle qui questionne la vision de la famille, sa "normalité" relative et ses modèles actuels. Des vidéos documentaires se mêlent au jeu théâtral et gestuel afin de découvrir, à travers un gang de mômes rugissants, les méandres de la diversité, l’ouverture à la tolérance et la naissance de la résistance (à la Balsamine, à partir de 7 ans).

2. "L’ours qui n’était pas là"

Inspiré de l’album illustré du même nom (La joie de lire, 2015), L’ours qui n’était pas là (Cie Laroukhyne) propose la traversée intime et doucement philosophique d’un monde farfelu – une forêt merveilleuse où l’ours croise la route de la Vache Complaisante, du Lézard Paresseux et de la Tortue Taxi, avec qui il a des conversations loufoques et passionnantes (au Théâtre La montagne magique, à partir de 8 ans).

3. "Un silence ordinaire"

Coup de cœur de la presse aux Rencontres de Huy l’été dernier, "Un silence ordinaire" (Inti Théâtre) est un "seul en scène" documentaire qui parle de l’alcoolisme avec beaucoup de justesse, dans une narration simple et sincère, pour montrer combien l’alcool est à la fois symbole de convivialité, de fête et de plaisir, autant que signe de maladie, de rejet et d’isolement. Un tabou social qui enferme dans le non-dit (au Rideau, à partir de 14 ans).

"Noël au théâtre", du 26 au 30/12. Info: 02/643.78.80. Et programme sur: www.ctej.be

Cinéma 

1. "Star Wars" et "Cats"

Sortie en salles les 18 et 25/12.

Si vous êtes fan des comédies musicales façon Broadway, "Cats" (25/12) est fait pour vous. Le spectacle affiche salle comble à Londres et New York depuis… 38 ans. Inspiré (de loin) par les poèmes de T.S. Eliot. Avec une brochette de stars digitalisées, Taylor Swift en tête. Pour les inconditionnels de "Star Wars", la franchise continue au rythme d’un film par an (18/12) avec "L’ascension de Skywalker". Cette fois, après le coup de projecteur sur Han Solo l’année dernière, on revient à ce bon vieux Luke. Et donc aux "vrais" films de la "vraie" trilogie originale – celui-ci étant le 9ème sur 9. Vous suivez? Non? Pas grave. L’important, c’est que dans une galaxie que nous connaissons bien (mais lointaine, très lointaine), on retrouve Adam Driver dans le rôle du petit-fils de Dark Vador. Et ce pour la bataille finale (mais ça, on s’en doutait).

Star Wars: L'Ascension de Skywalker

2. "Le voyage du prince"

En salles depuis le 11/12.

Outsider dans un domaine de l’animation noyé par les blockbusters made in US, Jean-François Laguionie est l’auteur de grands classiques, comme l’inoubliable "Le château des singes" (1999). Dans le même univers, voici "Le voyage du prince" (en salles depuis le 11/12). Échoué sur un rivage inconnu, il est retrouvé par le jeune Tom et recueilli par ses parents, deux chercheurs dissidents qui ont osé croire à l’existence d’autres peuples. Le vieux dignitaire va devoir revoir sa copie: et s’il existait d’autres peuples que le sien? La mise en scène, la musique, la précision délicate des décors : tout concourt à entraîner le spectateur dans une aventure de la pensée, où la contemplation, la réflexion et la recherche s’allient aux sentiments pour nous faire méditer.

"Le voyage du prince"

3. "Klaus"

À voir sur Netflix.

Netflix vous a concocté un petit chef-d’œuvre de drôlerie, d’inventivités, d’aventures… pile dans le thème de Noël: "Klaus". Soit le destin du fils d’un haut directeur des postes dans un pays scandinave imaginaire, envoyé presque de force sur l’île (maudite) de Smeerensburg, sur le cercle arctique. Là, il lui faut relancer la mode des lettres, sous peine d’exil prolongé. Par un concours de circonstances, les gosses finissent par adresser leurs missives à Klaus, un immense bûcheron qui vit seul dans la forêt. Miracle, celui-ci aime confectionner des jouets en bois. Faire rimer poésie avec humour, et esthétique de Noël avec renouvellement, voici le pari réussi de ce long-métrage… espagnol, mais dont les voix françaises sont signées Karin Viard, François Berléand et Alex Lutz.

Klaus - Netflix

Expos

1. Dessins et estampes: l'autre Bruegel

La Bibliothèque royale (KBR), à Bruxelles, sort des coffres-forts ses 60 estampes et 3 dessins originaux du maître, exposés dans les salles rénovées de la bibliothèque et du Palais de Charles de Lorraine (XVIIIe siècle) – à l’élégance toute viennoise et liégeoise.

Protagoniste majeur de l’histoire de l’art des Pays-Bas, Bruegel (Breda, 1526 – Bruxelles, 1569), s’assure une immense notoriété grâce aux dessins préliminaires qu’il réalise, dès 1548, pour l’Anversois Hiëronymus Cock et sa maison d’édition "Aux quatre vents".

©Koninklijke Bibliotheek van Belg

Le parcours présente d’abord les aspects techniques du passage du dessin à la gravure. Puis s’attachant à l’évolution de Bruegel, en montre les sujets favoris et l’originalité, à la charnière des primitifs flamands qu’il dépasse et de l’humanisme moderne figuré, notamment, dans son intérêt pour l’action humaine et sa curiosité pour la vie des campagnes.

Sans doute à la demande de Cock, nombre d’estampes s’inspirent explicitement du répertoire fantastique de Jérôme Bosch (parce que "faire du Bosch", ça fait vendre), mais Bruegel, loin de l’imitation servile, inscrit ces étranges chimères dans de nouvelles compositions spatiales.

De même, ses paysages manifestent une assimilation très personnelle de l’influence italienne. Et en ce siècle d’expéditions autour du globe, de nombreuses estampes de bateaux – à la précision vertigineuse – traduisent sa passion pour la marine et les lointains.

Récupération flamande

"Pierre le Drôle": une œuvre énigmatique et fascinante. Baudelaire ne s’y trompait pas: "Quel artiste pourrait composer des œuvres aussi monstrueusement paradoxales s’il n’y était poussé dès le principe par quelque force inconnue?" Abstraction faite de la récupération politique des "flemish masters" et d’une scénographie où le flamand s’érige en seule langue nationale, une exposition luxueuse et rare.

"Le monde de Bruegel en noir et blanc", jusqu’au 16/2/20: www.kbr.be

Découvrez "The World of Bruegel in Black and White"

2. À Bruxelles | Paul Delvaux à Train World

À voir jusqu’au 15/3/20 à la gare de Schaerbeek.

Avec la "Gare forestière", toile de 1960, Paul Delvaux transformait le hall de gare rituel en voûte verte. Tel un Hubert Robert peintre des ruines, il rejouait la perspective antique en la déplaçant. Ce qu’il aimait placer dans l’univers de passage des paysages ferroviaires, c’étaient les femmes, parfois seins nus, regard baissé, songeuses comme des passagères de sleeping car. Les toiles elles-mêmes portent des titres éloquents: "L’âge de fer" (1951), "Le voyage légendaire" (1974) ou "Le Tunnel" (1978).

©MCDM

Delvaux a aussi consacré à son thème de prédilection des aquarelles et des dessins, mais il l’a également projeté dans la troisième dimension en faisant exécuter des maquettes. Les trains faisaient partie de son vocabulaire d’objets, aux côtés des ruines ou des poteaux télégraphiques. Son amour de ce monde transitoire ferroviaire est émaillé d’anecdotes plaisantes: rappelons que Delvaux reçut un képi lorsqu’il fut nommé chef de gare honoraire de Louvain-la-Neuve. Étrange hasard des noms et des thèmes, son homonyme, un autre grand belge, André Delvaux tournait en 1968 "Un soir, un train". Les œuvres présentées ici proviennent du Musée Paul Delvaux de Saint-Idesbald.

"Paul Delvaux: l’homme qui aimait les trains": www.trainworld.be.

3. À Mons | "Memento Mons. Cabinets de curiosités"

Jusqu’au 26/1/20 au BAM (Beaux-Arts Mons).

"Memento Mons" présente une magnifique interprétation contemporaine du cabinet de curiosités. Plus qu’une exposition, on entre ici dans une œuvre d’art totale conçue par les artistes commissaires Sofie Lachaert et Luc D’hanis. En mélangeant des œuvres des collections historiques montoises, et des œuvres contemporaines issues de la collection P.O.C. de Galila Barzilaï-Hollander et des artistes membres de BeCraft, le BAM casse les codes et brouille les frontières entre l’artisanat, le design et l’art. Esthétiques nouvelles, beautés intrigantes, figures de la mort et des vanités, la notion de temps est déstabilisée et pousse à une réflexion sur la vie qui passe. Car n’oublions pas que nous ne sommes que de passage sur terre… Memento Mori.

"Memento Mons": www.bam.mons.be.

4. À Charleroi | "Photographie, arme de classe"

Jusqu’au 19 janvier au Musée de la photographie.

Conçue par le Centre Pompidou, voici une belle exploration de la photographie sociale et documentaire des années 30 en France et en Belgique. Cette exposition interroge le passage de l’iconographie pittoresque de la pauvreté (le Paris d’Eugène Atget) vers la prise de conscience de la misère de la capitale au début des années 1930. La représentation de l’ouvrier en lutte et les stratégies de la presse de gauche (Vie ouvrière en Belgique sont des thématiques fortes de l’exposition, qui réunit de grands noms de la "sociale": Cartier-Bresson, Gisèle Greund, Willy Ronis et d’autres.

"Photographie, arme de classe. La photographie sociale et documentaire en France et en Belgique 1928-1936": www.museephoto.be.

Concerts

1. Les classiques de Noël | Trois concerts de fêtes

Le 20/12 à l’OPRL (Liège), le 26/12 à Sainte-Gudule et le 5/1 à Bozar (Bruxelles)

  • À la Salle Philharmonique de Liège, le 20/12 (20h), le chef estonien Kristjan Järvi, dont on n’a pas oublié le CD "Balkan Fever" (Naïve), reprend un programme qui lui est cher en emmenant le Philharmonique de Liège (OPRL) explorer toute la richesse balkanique. L’occasion d’entendre au sein de la phalange liégeoise une gadoulka (vièle bulgare) et une flûte traditionnelle (kaval). Au menu de ce concert inhabituel pour la saison, un flot de sonorités ottomanes, tziganes, klezmer, assaisonnées de quelques improvisations festives arrangées pour grand orchestre.
  • À Sainte-Gudule, le 26/2 (18h), la "Messe de minuit" de Marc-Antoine Charpentier, construite sur les mélodies populaires de Noël, alterne avec des motets de Guillaume Bouzignac et des pièces d’orgue de Louis Claude Daquin. Par le chœur et l’ensemble The New Baroque Times avec Xavier Deprez à l’orgue Grenzing.
  • Enfin, à Bozar, le 5/1 (20h), le Belgian National Orchestra inaugure l’année nouvelle avec une succession de valses tournoyantes, sous la direction de George Pehlivanian. Avec Bizet, Meyerbeer, Gounod, Brahms, Strauss, Khachaturian et Gershwin.

2. Offrez du soleil pour Noël | Primavera Sound festival

Voilà certainement le festival le plus qualitatif de ces dernières années. Le Primavera Sound de Barcelone, qui fêtera ses 20 ans en 2020, c’est à la fois une valeur sûre et la certitude de faire le plein d’émotions, grâce à un cocktail d’artistes légendaires, de stars du moment et jeunes talents. Le tout dans le cadre futuriste du parc du Forum. Pour cette édition, quelques noms ont déjà fuité dont Pavement, Kim Gordon, Jenny Hval ou encore Caroline Polachek. En prime, Vous pouvez dès à présent réserver votre pack Primavera avec un ticket "full festival" et de nombreux cadeaux à l’intérieur. 


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