Paul Dujardin: "Nous espérons rouvrir une aile de Bozar dès le 25 janvier"

L'incendie au Bozar de Bruxelles a partiellement endommagé sa toiture. ©Photo News

L'orgue monumental et la salle de spectacle de Bozar ont subi des dégâts importants suite à un incendie de toiture. Une réouverture est programmée avec son circuit du côté Ravenstein, épargné par le sinistre.

Entre stupéfaction et tristesse, la gamme des émotions est vaste au lendemain de l'incendie qui a endommagé, lundi en fin de journée, une partie de la toiture et de l'aile de Bozar du côté rue Royale. On l’a cependant échappé belle, même si d’importants dégâts aux tours techniques, à la salle Henry Le Bœuf et à son orgue monumental, mais aussi à certaines salles d’expo sont à déplorer.

Pour le directeur général Paul Dujardin, "l’intervention des pompiers a cependant permis d’éviter une catastrophe. On ne s'en rend pas compte, mais la toiture de Bozar, c’est l’équivalent de deux terrains de football. Nous avons pu rapidement préserver les œuvres qui devaient l'être. Enfin, malgré les dégâts au bâtiment, ce patrimoine architectural a pu être sauvé." Si la cause du sinistre n’est pas connue, les dégâts sont surtout liés aux trombes d’eau que les pompiers ont dû déverser pour éviter la propagation du feu. Raison pour laquelle aussi la grande salle Henry Le Bœuf et son orgue sont fortement abîmés, la grande coupole en verre et acier de la salle ayant été copieusement arrosée pour éviter son effondrement. "Il faut exclure à ce stade une erreur liée à des travaux", s’avance Paul Dujardin.

"On ne s'en rend pas compte, mais la toiture de Bozar, c’est l’équivalent de deux terrains de football."
Paul Dujardin
Directeur de Bozar

Réouverture

Et maintenant? "Les personnalités politiques qui sont venues se rendre compte sur place de l’ampleur des dégâts nous ont toutes affirmé leur soutien et leur volonté de tout mettre en œuvre pour que l’on puisse redémarrer le plus vite possible", poursuit Paul Dujardin. Dans l’immédiat, il n’est pas exclu que Bozar rouvre d’ailleurs déjà ce 25 janvier avec son circuit du côté Ravenstein, épargné par le sinistre et les expositions en cours «Hotel Beethoven» et «Facing Van Eyck». Quant aux autres activités programmées dans la grande salle, tels que le concours Reine Élisabeth ou le Klara Festival, "on devrait avoir le temps de réparer les dégâts dans la grande salle", veut croire Dujardin.

Une détermination qui n’efface pas les inquiétudes de ceux qui vont devoir se pencher sur l’état de l’orgue de la salle Henry Le Bœuf, très abîmé. Quand on sait que cet instrument est fait de bois, de cuir et d’électronique, on redoute le pire. Ce qui lui arrive est d’autant plus interpellant que cet instrument, reconstruit et inauguré en 2017 après 50 ans de silence, est exceptionnel. L’histoire mérite d’être contée, et hommage rendu à celui qui fut le moteur de cette renaissance, Bernard Foccroulle – qui aurait dû enregistrer dans trois semaines son prochain CD sur l’orgue de Bozar.

Dessiné par Victor Horta en 1928 en harmonie avec l’esthétique de la salle, le buffet abrite à partir de 1930 un orgue du facteur Joseph Stevens. Partiellement détruit par un incendie en 1967, il est réduit au silence jusqu’en 1971, année où il est remplacé par un petit orgue néobaroque hollandais, insuffisant au regard du volume de la salle. Fin des années 1980, Bernard Foccroulle s’empare du dossier, décidé à redonner vie à cet instrument sans lequel une salle de concert est orpheline. Ce n’est cependant qu’en 1993 que débutera la construction du nouvel orgue, avec l'an 2000 en ligne de mire pour son inauguration. Mais il n’en sera rien. Une série de contretemps – dont deux inondations – vont sérieusement retarder le projet. Ce ne fut pourtant pas négatif, au vu de l'évolution technique fulgurante. Le nouvel instrument, avec ses quatre claviers de 61 notes et son pédalier de 32 notes, est déjà prêt à toutes les évolutions. Était… 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés