interview

Ressence, ce petit Belge qui fait trembler l'horlogerie jusqu'en Suisse

©Dries Luyten

La marque horlogère belge Ressence accède cette année au très select "Carré des Horlogers" du Salon international de la haute horlogerie de Genève. La consécration d’un pari un peu fou.

Au cœur du Meir, derrière les portes d’un immeuble discret, un petit ascenseur nous mène aux bureaux de cette jeune société en pleine expansion. Après un passage obligé par différents dispositifs de sécurité, nous pénétrons dans un vaste espace baigné de lumière. Le patron nous accueille avec un grand sourire. Benoît Mintiens, fondateur de la marque horlogère belge Ressence, est radieux.

En effet, il s’apprête à dévoiler son nouveau bébé, une montre au cadran novateur, à la grand-messe des professionnels de l’horlogerie qu’est le Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève. Une première pour un Belge. Rencontre avec ce designer industriel, reconverti depuis peu à l’horlogerie, qui n’hésite pas à en bousculer les codes.

Avec quatre autres marques indépendantes, vous accédez cette année au très fermé "Carré des Horlogers" du SIHH. Comment est-ce arrivé?

SIHH, c’est suisse. Et avec les Suisses, c’est toujours secret (rires). Plus sérieusement, je pense que, même si nos montres sont assez exotiques par rapport aux acteurs traditionnels, notre démarche est réellement horlogère et c’est ce qui les a intéressés. Aussi, les différents prix que nous avons gagnés ces dernières années et l’adoubement de la Fondation de la haute horlogerie (qui a reconnu Ressence comme marque de haute horlogerie en juin, NDLR) avaient déjà aidé à prouver notre pertinence.

Le SIHH est un événement à portée mondiale. Une belle vitrine pour la marque…

En effet. Être présent, cela nous donne une certaine crédibilité et une véritable visibilité. À Karachi, un détaillant n’a jamais entendu parler de Ressence. Parce qu’il nous voit au Salon, il peut être intéressé par la marque pour son point de vente. Ici à Genève, il ne s’agit pas d’une foire horlogère ouverte au public comme à Bâle (autre grand rendez-vous de l’horlogerie, NDLR). Les gens qui viennent sont forcément des clients potentiels.

S’ils achètent, c’est qu’ils constatent une demande. Qui porte une Ressence?

Philippe Starck (célèbre designer français, NDLR), le concepteur de l’iPod Tony Fadell, James Murdoch (fils de l’homme d’affaires Rupert Murdoch et CEO de 21st Century Fox, NDLR),… Mais, le dénominateur commun entre les gens qui portent une Ressence, c’est que ce sont des gens qui n’ont pas besoin de porter une marque pour exister. Aussi, ils sont sensibles à la technicité de nos produits. C’est le cas dans la Silicon Valley, par exemple, une région très importante pour nous.

Comment se portent vos activités?

Nous fabriquons presque 300 pièces par an pour un chiffre d’affaires qui avoisine les 3 millions d’euros. 2 à 3% sont réalisés en Belgique, 30% aux USA, 40% en Europe et 20 à 25% au Moyen-Orient. Même si nous avons vendu le même nombre de montres que l’année précédente en 2016, nous sommes très contents de l’année écoulée. Nous avons réussi à traverser la tempête.

Une tempête qui touche tout le secteur?

Oui. L’année a été très compliquée pour l’horlogerie.Quand vous regardez les autres marques, les très grandes, elles connaissent une chute de 30 à 40% de leurs unités vendues.

Et, ça, ce sont les vrais chiffres. Pas ceux qui sont communiqués pour la Bourse et qui tournent autour de moins 10, moins 15%.

Cela va notamment très mal à cause de la réduction des achats chinois et de la réduction du tourisme liée au terrorisme…

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