Restauration d'art | La flamande IPARC rachète l'anglaise Thermo Lignum

©David Somers / Iparc

IPARC, plate-forme multidisciplinaire flamande pour la recherche et la conservation des œuvres d'art, vient de racheter l'anglais Thermo Lignum. Dans le contexte Brexit, mouvement contresens ou coup de maître?

International Platform for Art Research and Conservation (IPARC) est une plateforme de connaissances multidisciplinaire qui offre des services de restauration et de conservation des œuvres. Cette société coopérative flamande, fondée par cinq restaurateurs, a été élue PME de l’année en Flandre par Unizo, en 2018, et emploie 20 salariés en 2019.

"Les clients d’ICM souhaitent sortir leurs dépôts d’Angleterre et retiennent Bruxelles car le stockage y est le moins cher des capitales européennes."
Leen Gysen
Managing partner d’IPARC

Elle a quatre missions: offrir des prestations de restauration aux musées, églises, communes et collectionneurs privés (pour la plupart en Flandre, citons Musée M, le SMAK ou la cathédrale d’Anvers) dans son atelier de 700 m2 aux normes les plus exigeantes; mener des travaux de recherche et analyse très précis, notamment en recourant à l’imagerie multispectrale des œuvres, terrain sur lequel elle est partenaire et concurrente du très officiel IRPA; proposer leur stockage à Kampenhout, près de Zaventem, dans un dépôt climatisé hautement sécurisé de 2.000 m2 sur le site de ses bureaux, où elle procède à différents services aux collections comme une vérification régulière de l’état des œuvres.

Enfin, elle répond à un besoin croissant avec le dérèglement climatique (que Chris Dercon, président du Grand Palais, nous évoquait récemment dans L’Echo), IPARC procède à un traitement anti-insectes en recourant à une méthode thermique à humidité réglée mise au point par Thermo Lignum à Londres, qui a notamment pour clients la Tate Modern, le Victoria & Albert Museum et de grands ateliers d’artistes.

Une œuvre en bois traitée contre les insectes en recourant à une méthode thermique à humidité réglée mise au point par Thermo Lignum, la société anglaise acquise par la flamande IPARC. ©IPARC

Se jouer du Brexit

Thermo Lignum devient IPARC UK et propose ses services de traitement thermique et ses chambres sous la marque ICM (Integrated Contamination Management). "IPARC a commencé par la restauration avant de se diversifier, explique Leen Gysen, Managing partner d’IPARC. À Londres, c’est l’inverse. Outre deux chambres permanentes à Londres et Kampenhout, des centres de service suivront à Paris et Berlin. Quant au risque Brexit, nous l’avons analysé. Aucune des grandes sociétés de conseil consultées n’a de vraie visibilité à ce sujet. L’opportunité s’est présentée, pourquoi attendre?"

Désormais présente sur le premier marché de l’art européen, IPARC peut même profiter d’un courant inverse: "Les clients d’ICM souhaitent sortir leurs dépôts d’Angleterre et retiennent Bruxelles car le stockage y est le moins cher des capitales européennes".

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