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Restitution des biens culturels: la recette du secrétaire d’État, Thomas Dermine

©BELGA

Le secrétaire d’État Thomas Dermine (PS) veut un cadre systémique en ce qui concerne la question de la restitution de certains biens culturels aux origines douteuses issus des collections ethnographiques de l’Africa Museum, installé à Tervuren.

"Nous ne pouvons plus continuer à restituer l’une ou l’autre pièce à l’occasion de voyages officiels, en guise de cadeaux diplomatiques", dit Thomas Dermine, en charge notamment de la Politique scientifique au sein du gouvernement fédéral. Et il a un plan.

"Nous ne pouvons plus continuer à restituer l’une ou l’autre pièce à l’occasion de voyages officiels, en guise de cadeaux diplomatiques."
Thomas Dermine
Secrétaire d'État en charge de la Politique scientifique fédérale

"Une petite partie des pièces de nos collections ethnographiques ont été acquises à la suite de violences et de pillages, principalement pendant la période de l’État indépendant du Congo (alors propriété privée du roi Léopold II), entre 1885 et 1908", rappelle Guido Grijsseels, le directeur général de l’Africa Museum. "Ces pièces ont été subtilisées pour briser le pouvoir des chefs locaux, pour leurs valeurs artistiques ou encore parce qu’elles étaient utilisées lors de rituels qui allaient à l’encontre des croyances de l’Église catholique." D’autres pièces aux origines douteuses portent également sur la période coloniale, jusqu’en 1960.

Le plan systémique du secrétaire d’État Dermine concernant la restitution comprend deux axes. Tout d’abord, il s’agit d’identifier l’origine de chaque pièce présente dans les collections du musée et de les classer en trois catégories. Celles sans histoire, acquises parfaitement légalement, restent bien sûr la propriété de l’État belge. Celles dont on ne connait pas encore l’origine réelle doivent d'abord faire l’objet de recherches scientifiques et collaboratives quant à leur provenance. Enfin, il y a les pièces clairement spoliées et identifiées comme telles.

900
La restitution des objets dont la provenance devrait être jugée illégale pourrait concerner entre 900 et 1.500 objets culturels.

C’est ici qu’intervient le second axe de la proposition de Thomas Dermine. En ce qui concerne les pièces spoliées et celles qui doivent faire l’objet d’études, il souhaite les faire passer du domaine public de l’État (ce qui les rend de facto inaliénables) vers le domaine privé de l’État, où elles pourraient alors être restituées, selon des modalités à définir. 

Actuellement, les collections ethnographiques du musée totalisent 191.789 pièces. La restitution des objets dont la provenance devrait être jugée illégale pourrait concerner entre 900 et 1.500 objets culturels. Si une définition plus large de la spoliation devait être retenue, cela pourrait aller jusqu’à 35.000 objets, selon le directeur du musée.

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