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Saison des pluies aux Musées royaux

©Dieter Telemans

Alors que 4 œuvres ont dû être dépendues des cimaises des Musées royaux des Beaux-Arts pour les protéger des infiltrations, leur directeur a dû s'expliquer au cabinet Demir sur un tweet ironique qui dénonçait ce problème récurrent. Une solution globale tarde à venir.

Après la pluie, l’orage. C’était semble-t-il l’atmosphère qui régnait mercredi matin au cabinet de la secrétaire d’État Zuhal Demir (N-VA) où Michel Draguet, le directeur des Musées royaux des Beaux-Arts, a été sommé de s’expliquer sur un tweet ironique diffusé mardi matin par son équipe de communication. On y voyait un personnage à la Magritte, parapluie ouvert, contemplant le "Marat" de David en train de se noyer, avec ce message en frontispice: "Le premier musée sous-marin au monde! Même Magritte n’aurait pu imaginer l’état désastreux de nos bâtiments".

©Twitter

Et pour cause, après le tollé international, en 2015, lorsqu’on a vu des seaux fleurir dans les salles des Jordaens et des Rubens, et l’annonce, en 2016, d’un budget de 24,9 millions et d’un master plan de rénovation (relire l'article du 26/5/16), il continue à pleuvoir dans les salles du musée. L’automne, avec ses vents et ses pluies, est la période critique. L’an passé, 20 toiles ont dû être dépendues dare-dare et, lundi, ce sont 4 tableaux qu’il a fallu décrocher dans quatre salles. Deux d’entre elles n’avaient pas encore été touchées par les infiltrations, dont la salle classique, déjà rénovée en 2004, où trône le "Marat assassiné", l’une des œuvres les plus précieuses de la collection.

Les peintures ont été retirées préventivement et n’ont heureusement pas été endommagées. Trois fuites ont été colmatées, dont deux consécutives à des travaux en cours de la Régie des bâtiments. Les investigations des équipes du musée et de la Régie se poursuivent pour dénicher une quatrième fuite.

Alors que la réfection des toitures du Cinquantenaire (article du 5/10/18) va débuter et que l’étude de rénovation du Conservatoire de Bruxelles a été lancée (article du 3/10/18), les Musées royaux restent le parent pauvre de la politique fédérale. "Selon la Régie des bâtiments, ce n’est pas du ressort de la secrétaire d’État", a laconiquement répondu Andy Pieters, son porte-parole, suite à nos demandes d’interview – bien que Zuhal Demir ait bel et bien la tutelle sur les Établissements scientifiques fédéraux.

Johan Vanderborght, porte-parole de la Régie (qui ressort du vice-Premier ministre Jan Jambon, N-VA), minimise et se porte garant de la réactivité de ses équipes. "Dire qu’on ne fait rien, ce n’est pas correct, dit-il. Les travaux de rénovation sont phasés et sont en cours depuis 2017. Mais cela ne peut pas se faire en une fois, vu la superficie gigantesque de la toiture."

Seaux d’eau et photocopies

Quant au master plan de rénovation, il assure que les études pour le mettre en œuvre seront bien lancées en 2019. "Cela ne concernera pas que le toit mais l’ensemble du bâtiment, le concept même du musée. Les besoins doivent venir de Draguet", lâche-t-il. Michel Draguet, dont l’étiquette PS qu’on lui colle au Fédéral ne passe décidément pas, appréciera… Il n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Pour l’heure, c’est la consternation chez les visiteurs des Musées royaux des Beaux-Arts, aux trois-quarts étrangers, qui voient des seaux dans des salles et des photocopies à la place des chefs-d’œuvre.

©(c) Flickr/Martine

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