#SalePute ou le cyberenfer au féminin

73% des femmes ont été exposées à de la violence sur internet. ©REUTERS

Avec #SalePute, leur documentaire choc sur le cyberharcèlement, Myriam Leroy et Florence Hainaut proposent une foule de témoignages bien sentis de victimes et de spécialistes d’une maladie du siècle digital.

Des activistes, des politiciennes, des autrices, des journalistes, des humoristes, toutes des femmes face à la caméra et au micro du tandem Leroy-Hainaut. Leur particularité à toutes, y compris celle des documentaristes, est d’avoir été la cible d’attaques régulières et violentes sur les réseaux sociaux.

Les attaquants peuvent être Monsieur ou Madame Tout le Monde.

Sur Twitter, Facebook et parfois même Instagram, ces personnalités féminines ont été l’objet de raids sexistes. Raid étant le nom qu’on donne à ces campagnes de cyberharcèlement menées à peu près comme des opérations militaires par des forces le plus souvent anonymes. Ainsi, Alice Bardé, directrice d’une association d’aide aux migrants, en France, a reçu trois cent soixante menaces de mort et de viol en deux heures. Cela s’est déroulé sur un site de la fachosphère. Et elle s’en souvient d’autant mieux qu’elle se trouvait en congé maternité… Son avis est que les attaquants peuvent être Monsieur ou Madame Tout le Monde.

Un amplificateur de la misogynie

Selon la chercheuse anglaise Emma Jane, "Internet a amplifié la misogynie". Elle a analysé les messages reçus par les femmes cyberharcelées et constaté qu’ils se ressemblaient tous. La journaliste Nadia Daam, qui officiait sur Europe 1, estime, pour sa part, qu’avant ce "cyberenfer", elle était plus marrante. Beaucoup parmi ces femmes ont choisi de quitter les réseaux sociaux. Même si, comme l’explique la journaliste Lauren Bastide, elles ont de ce fait perdu de leur influence.

41%
41% des femmes exposées à de la violence sur internet ont craint pour leur sécurité physique

Le documentaire s’appuie aussi sur des chiffres. On apprend ainsi que 73% des femmes ont été exposées à de la violence sur internet. Et que 41% d’entre elles ont craint pour leur sécurité physique. Une jeune streameuse belge raconte avoir reçu des menaces de mort et lorsqu’elle a porté plainte auprès de la police, on lui a simplement conseillé de quitter Internet.

D’une durée d’une heure, #salepute est un documentaire très pro qui servira au débat public.

Documentaire

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