Une semaine pour fédérer les pros du gaming

Game Max, à Mons. ©Game Max

Game Max, le nouveau consortium du gaming de Mons, organise du 22 au 26 février sa première GameWeek et cherche à relocaliser cette juteuse et créative économie.

Depuis des années, on dépense dans le monde plus d'argent en jeux vidéo qu'en films, en BD ou en livres. Un fait encore accéléré en 2020 avec le confinement. À tel point qu'on estime que les ventes de jeux ont rapporté 160 milliards de dollars l'an dernier. Le gâteau semble bien assez grand pour que la Belgique s'en taille une part. Mais malgré une offre de formations qui n'a pas à rougir par rapport à celle de nos voisins, le Royaume peine à voir émerger ses talents. En tout cas, pour ceux qui veulent se lancer, un petit coup de pouce n'est certainement pas de trop. C'est tout l'objet de la Mons GameWeek qui se tiendra la semaine prochaine.

Tout est parti du constat un peu désabusé de plusieurs acteurs du jeu vidéo du Borinage, Fishing Cactus, éminent studio montois, le centre de formation Technocité, le hub Click hébergé par l'UMons ou encore Walga, association de l'industrie wallonne du jeu. «En Belgique, monter son projet peut être un véritable chemin de croix», explique Savine Moucheron, business developer à la Technocité. «Les studios de développement ont des difficultés à survivre plus de quelques années. Ils n'ont bien souvent pas droit à l'erreur. Si un premier projet se plante, ils n’ont plus qu'à fermer leurs portes. Il faut donc une structure capable de mettre le pied à l'étrier de ceux qui veulent se lancer».

«Je pense qu'il y a un réel déficit d'image des jeux vidéo auprès des décideurs politiques qui ont l'air de continuer à penser qu'il s'agit d'un loisir pour enfants.»
Laurent Grumiaux
Co-directeur de Fishing Cactus

Pour fédérer ce petit monde, ces acteurs ont récemment créé le label GameMax afin de mettre sur pied une semaine de rencontres autour du jeu vidéo en Belgique (L’Echo du 15 décembre). Crise sanitaire oblige, c'est en ligne, sur Twitch, plateforme de vidéo en direct très populaire auprès des amateurs de jeux vidéo, que se tiendra cette première édition de la Mons GameWeek. À partir du 22 février et pendant une semaine se succéderont conférences et ateliers. Tour d'horizon des formations proposées en Belgique, conseils sur le financement de son projet ou sur la création d'un studio, ou encore les derniers rebondissements du tax shelter que le secteur espère voir instaurer depuis des années, sont autant d'axes explorés par ce festival.

GameWeek, du 22 au 26 février. ©Game Max

Apprendre qui fait quoi

L’événement se destine avant tout aux professionnels et aspirants professionnels du secteur. Et, pourquoi pas, aux curieux. «Ce n'est pas tant un rendez-vous pour les joueurs et les amateurs de jeux», explique Laurent Grumiaux, codirecteur de Fishing Cactus. «Ça ne prendra pas la forme d'un salon sur lequel on peut venir tester les dernières sorties ou lors duquel les studios annonceront les projets sur lesquels ils sont en train de plancher. L'objectif sera plutôt pour cette communauté d'apprendre qui fait quoi, quelles sont les bonnes pratiques pour monter un projet et où trouver du financement. Nous sommes obligés de nous serrer les coudes entre nous. Car pour l'heure, on ne se sent guère soutenus par les pouvoirs publics.»

«Les studios de développement ont des difficultés à survivre plus de quelques années. Il faut donc une structure capable de mettre le pied à l'étrier de ceux qui veulent se lancer.»
Savine Moucheron
Business developer à la Technocité

En témoigne la création d'un tax shelter étendu aux productions numériques, promis de longue date, mais repoussé tous les six mois. Cet incitant fiscal à l’adresse des entreprises qui voudraient soutenir ce secteur ne ferait que placer la Belgique sur la carte des pays où l'on peut développer en limitant les risques financiers. Mais pour l'heure, cette absence d'incitant refroidit de nombreux acteurs internationaux à investir chez nous. Conséquence immédiate: de nombreux talents sortis des écoles comme Technocité sont contraints de partir vers des cieux plus cléments envers l'industrie vidéoludique.

«Je pense qu'il y a un réel déficit d'image des jeux vidéo auprès des décideurs politiques qui ont l'air de continuer à penser qu'il s'agit d'un loisir pour enfants», se désole le patron de Fishing Cactus. Pourtant, il y a de l'argent en jeu. Le secteur pèse. Et je pense qu’alors qu'une crise financière se profile, le pays doit plus que jamais se tourner vers des secteurs d'avenir tel que la création de jeux vidéo. Dans tous les pays qui ont décidé de créer des incitants, cela a fonctionné et cela rapporte gros. Le plus frustrant est que tout le monde joue aujourd'hui et il ne reste guère que les 15% de non-joueurs pour croire le contraire. Il est grand temps que l'on puisse relocaliser un peu de cette économie en Belgique».

GameWeek virtuelle

Du 22 au 26 février en ligne.

Programme complet, infos et inscriptions sur le site de GameMax.

Les liaisons pas dangereuses | Laurent Grumiaux | Game Camp France 2019

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