Voici les gagnants des Caïus

L'artiste Denis Meyers dans les anciens bâtiments de Solvay à Ixelles. ©France Dubois

Les Caïus 2018 priment des entreprises mécènes qui, au-delà de leurs projets, veulent œuvrer pour le bien commun. Cette année, Immobel et BPI ont remporté le Caïus des Caïus pour avoir encouragé l’artiste Denis Meyers à transformer l’ancien bâtiment Solvay qu’ils allaient détruire en une fresque graphique de 25.000 m2.

C’est dans l’auditorium flambant neuf des Musées Royaux des Beaux-Arts à Bruxelles que se tenait jeudi soir la soirée des Caïus – quatre prix qui récompensent chaque année les projets de mécénat les plus emblématiques en matière de culture, de patrimoine et d’engagement. Vingt entreprises étaient en lice, dont les six ci-dessous ont passé la rampe d’un jury composé de quinze des cent entreprises membres de l’ASBL Prométhéa, qui organisait l’événement.

Réussir ensemble à penser "out of the box" et à se rejoindre sur la valeur sacro-sainte d’un monde en perpétuelle mutation: la créativité.

Le résultat du vote est à l’image de l’organisation de la soirée qui mettait en évidence, avant la remise des prix proprement dite, la tendance actuelle du mécénat à se structurer sur le long terme, à impliquer les employés des firmes participantes et à mettre ces dernières en réseau afin de créer un impact réel sur un environnement, un quartier.

C’est ce qui ressortait d’emblée des échanges entre les représentants des collectifs d’entreprises mécènes sur scène. Le dernier collectif en date, celui de Charleroi, est à cette aune: soutenir le projet d’un artiste (Mélanie De Biasio), rénover un patrimoine historique pour l’abriter, déployer pour ce faire les compétences des employés, structurer un réseau de fundraising, ouvrir le projet aux habitants du quartier, faire rayonner une ville et recouvrer une fierté que l’on pensait perdue. Plus qu’un business plan!

Visite à 360° des bâtiments de l'oeuvre de Denis Meyers dans les anciens bâtiments de Solvay

(Si vous naviguez sur mobile, cliquez ici)

"Des collectifs comme cela, on voudrait qu’il s’en crée un tous les mois, lance en boutade Benoît Provost, directeur général de Prométhéa. On est dans la logique du cercle vertueux, ce que les Anglo-Saxons appellent la ‘Venture philanthropy’. C’est un pari optimiste qui consiste à se dire qu’en soutenant ces projets, je vais contribuer à améliorer un cadre de vie et de facto le territoire sur lequel j’agis. C’est le principe des petits ruisseaux appliqué à l’entreprise."

Le Caïus des Caïus va à Immobel et BPI pour avoir encouragé l’artiste Denis Meyers (à gauche) à transformer l’ancien bâtiment Solvay qu’ils allaient détruire en une fresque graphique de 25.000 m2. Primés également les patrons de CMI, Macors, Exki et Dandoy pour des projets de mécénat qui dépassent à chaque fois leur propre objet et rejaillissent sur la société, au sens large. ©BELGA

Selon l’expérience de Prométhéa, qui se présente comme un carrefour entre l’entreprise, le secteur culturel et les pouvoirs publics qui la subsidient, le mécénat serait ainsi de moins en moins unique et isolé, et s’inscrirait dans une logique beaucoup plus large. "Pour une raison essentielle, reprend Provost, aujourd’hui, il y a une quête du sens. Beaucoup d’employés, au-delà de leur métier, veulent savoir pourquoi ils sont là en apportant une contribution au bien commun."

Il en va ainsi de Macors, primée pour son engagement depuis 1989, et qui démontre qu’en mettant aux prises artistes plasticiens et artisans qualifiés, on réussit, ensemble, à penser "out of the box" et à se rejoindre sur la valeur sacro-sainte d’un monde en perpétuelle mutation: la créativité.

Plus d’infos: www.promethea.be

Caïus de l’entreprise mécène de l’année

Les promoteurs immobiliers Immobel & BPI (Bruxelles)

Le contexte Le chantier de démolition du bâtiment historique de Solvay.

Le projet Autoriser le street artist Denis Meyers à transformer le chancre en une fresque éphémère et monumentale de 25.000 m2.

Ce qui a plu au jury L’ouverture d’esprit et l’originalité, la médiatisation de l’artiste, l’ouverture au public et le changement de point de vue sur ce type de chantiers.

Caïus du mécénat culturel

La biscuiterie Dandoy & la chaîne de restauration Exki, ex aequo (Bruxelles)

Le contexte Une société qui veut se redynamiser par la création, une autre qui promeut le multiculturalisme. Et toutes deux pour soutenir le même projet.

Le projet Les résidences annuelles d’artistes internationaux au Wiels, à Forest.

Ce qui a plu au jury L’implication a dépassé le cadre de la convention de mécénat.

Caïus du mécénat patrimoine

Groupe CMI, équipementier industriel (Seraing, province de Liège)

Le contexte La médiatisation grand public du bicentenaire de John Cockerill.

Le projet Ouverture du château au public, film, livre, expo et une fondation.

Ce qui a plu au jury L’approche pluridisciplinaire et globale, porteuse d’avenir.

Caïus de l’engagement

Macors, entreprise générale de construction (Hamois, province de Namur)

Le contexte Décloisonnement et croisement des mondes de l’art et de l’entreprise.

Le projet Résidence annuelle d’un plasticien récompensé par le Prix Médiatine.

Ce qui a plu au jury La fidélité de l’action depuis 1989, l’alchimie de la rencontre.

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