portrait

Emma, blogueuse, féministe et révolutionnaire

L’un de ses derniers posts sur la "charge mentale" qui pèse sur les femmes a fait le tour de la toile et des réseaux sociaux. Des dessins tout simples pour accompagner des prises de positions militantes.

Pas une artiste

Lorsqu’on lui demande de se définir, Emma ne se décrit pas comme une artiste, mais comme une blogueuse féministe et révolutionnaire. Son blog existe depuis 14 mois à peine, sous le titre emmaclit.com. Un nom qui traduit à la fois le côté féministe et militant. Fait de petits dessins simples et de réflexions politico-féministes, le blog connaît un certain succès. Ces derniers jours, un post sur la "charge mentale" qui pèse sur les femmes en général et les mères de famille en particulier, a fait le tour de la toile et des réseaux sociaux à grande vitesse. Et ce au moment où quelques-unes des "chroniques" du blog paraissent en album, chez Massot Éditions, sous le titre "Un autre regard", où l’œil de la couverture a la forme d’un sexe féminin.

Le dessin, c’est une passion familiale pour Emma. Le militantisme, il est venu plus tard. "J’y suis venue par mon genre en fait, plus que par affinité politique." Née de parents enseignants, Emma s’estime plutôt privilégiée. "Culturellement plutôt que financièrement". Elle a bénéficié d’une scolarité bien encadrée, ce qui lui a permis de faire des études d’ingénieure. Un monde plutôt masculin… "Je me suis vite aperçue que mes collègues supportaient mal de recevoir des ordres d’une femme. Et in fine, c’est moi qui étais mal à l’aise face à des attitudes sexistes. En fait, ce sexisme n’avait rien de différent du racisme, de l’homophobie ou de la discrimination des handicaps, par exemple. ça a forgé mon côté militant."

Féministe d’extrême gauche

Ce militantisme féministe, mais aussi anticapitaliste, constitue l’essentiel des commentaires sur son blog. Au départ de son combat féministe, la jeune femme a embrassé la cause de l’extrême gauche et du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste). "Mais je n’en suis pas membre, je n’aurais pas le temps… Qu’on soit une femme, un Noir, ou un pauvre, on est perdant à tous les coups. C’est ce que je cherche à démontrer via mon blog et mes petits dessins…", précise Emma. Les sujets sont aussi diversifiés que les raisons de la colère de la jeune révolutionnaire: la condition de la femme surtout, mais aussi des sujets nettement plus politiques. "Au départ de mon vécu ou d’anecdotes qu’on me raconte, j’essaie de tirer des généralités plus politiques, d’expliquer en quoi le système dysfonctionne", précise-t-elle.

Le système? Le mot est à la mode et concentre toutes les critiques du moment. "C’est vrai qu’on y met un peu ce qu’on veut", reconnaît Emma. "C’est la manière dont la société fonctionne et qui entretient les inégalités."

Corset invisible

Emma, qui partage son temps entre son boulot, sa vie de famille et son blog, ne décolère pas. "La société n’évolue pas, elle se transforme. Les riches sont toujours plus riches et les pauvres plus pauvres. La condition de la femme s’est en apparence améliorée, mais il reste les discriminations invisibles comme la charge mentale ou le ‘corset invisible’ qui nous obligent à faire attention à ce qu’on porte ou comment on se comporte…"

Son blog, c’est le cocktail molotov de cette Robin(e) des Bois qui rêve de changer les choses. "Je n’ai pas la prétention de déclencher la révolution à moi toute seule, mais au moins d’aider à la prise de conscience."

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