nécrologie

Jean d'Ormesson (1925-2017)

L'écrivain et académicien français Jean d'Ormesson est mort la nuit dernière. Il avait 92 ans.

Le romancier Jean d'Ormesson est décédé d'une crise cardiaque à son domicile de Neuill, en banlieue parisienne, a précisé sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson. "Il a toujours dit qu'il partirait sans avoir tout dit et c'est aujourd'hui. Il nous laisse de merveilleux livres."

Il est en effet l'auteur d'une quarantaine de livres dont "La Gloire de l'Empire" (1971), récompensé par le grand prix de l'Académie française.

Il était devenu membre de l'Académie française en 1973. Assis sur le fauteuil 12, face à Paul Guth, il en était le doyen depuis la mort de Claude Lévi- Strauss en 2009.

Mais Jean d'Ormesson, c'était aussi un journaliste et un homme politique.

Collaborateur dès 1949 de plusieurs journaux, Paris-Match, Ouest-France, Nice Matin, il fut rédacteur en chef adjoint (1952-71) de la revue de philosophie Diogène, avant d'en devenir directeur général.

En 1974, il avait pris la direction générale du Figaro. Ses opinions sur la guerre  du Vietnam ne plaisaient alors guère à tout le monde. Dans une chanson, Jean Ferrat avait ainsi eu des paroles très dures face à l'écrivain, le traitant de représentant de la presse "de la grande bourgeoisie" qui soutient les guerres coloniales.

En 1976, Robert Hersant prit le pouvoir au Figaro, aidé par d'Ormesson, qui démissionnait toutefois un an plus tard face à l'ingérence du nouveau propriétaire dans la rédaction. 

Considéré comme une personnalité de l'intelligentsia de la droite française, d'Ormesson prit au débat sur le référendum de Maastricht dans un entretien avec le Président François Mitterand. En 2012, il soutint Nicolas Sarkozy lors des présidentielles.

François Hollande lui remettra en 2014 la grand-croix de la Légion d'honneur.

Qui était l'homme privé?

Fils d'un ambassadeur de France et ami de Léon Blum, neveu d'un diplomate et cousin d'un député, Jean d'Ormesson appartenait à la noblesse de robe. Il portait d'ailleurs le titre de comte d'Ormesson. Sa mère était, elle, issue d'une famille monarchiste catholique proche de l'Action française et descendante d'Étienne-Alexandre-Jacques Anisson-Dupéron (1749-1794), directeur de l'Imprimerie royale en 1783, guillotiné à la Révolution.

Son enfance, il l'a passée au château familial de Saint-Fargeau (entre Auxerre et Bourges), qu'il évoquait dans "Au plaisir de Dieu". Sa jeunesse a été marquée par les déménagements liés à la fonction de son père: la Bavière, la Roumanie, le  Brésil pour revenir à Nice sur la Cote d'Azur, où il obtint son baccalauréat après un premier échec.

En 1962, il a épousé Françoise Béghin, avec qui il a eu sa fille Héloïse. En 2003, le couple est soupçonné d'avoir dissimulé 16 millions d'euros à l'administration fiscale française, mais le non-respect de procédures d'entraide judiciaire internationale a provoqué l'interruption des contrôles.

En 2013, dans "Un jour je m'en irai sans vous avoir tout dit", il livrait sa foi en la littérature, la force des sentiments et le goût du bonheur.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content