Le plan de la dernière chance pour Renaissance du Livre

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Les créanciers devaient se prononcer lundi sur le plan de réorganisation de la maison d’édition. Résultat? Une acceptation en faveur acquise à la double majorité… et ce, malgré les différentes critiques émises par l’avocat du créancier André Versaille. Si le jugement du tribunal est attendu pour le 20 novembre, l’homme bien connu des cénacles littéraires dit déjà qu’il n’entend pas rester les bras croisés.

L’ambiance était électrique lundi au tribunal de commerce de Nivelles alors que les différents créanciers de la maison d’édition La Renaissance du Livre devaient se prononcer sur le plan de réorganisation déposé au greffe mi-octobre.

Mis sur la table dans le cadre de la procédure en réorganisation judiciaire déclarée ouverte fin juin, le plan entend régler en substance les relations de l’entreprise avec ses créanciers, de même que d’évoquer des mesures et pistes industrielles.

Après énumération des différents votes de chacun, une double majorité a été acquise en faveur dudit plan, soit 28 créanciers "pour", pour un total de plus de 6 millions de principal des créances. Et parmi eux, des noms bien connus comme le fonds d’investissement St’art ou encore la banque KBC dont le montant en principal de la créance s’élève à lui seul à un peu plus de 4,6 millions d’euros.

Toutefois, qui dit majorité, dit aussi minorité… Au total, cinq créanciers ont manifesté leur opposition au plan de Renaissance: l’ONSS, le SPF Finances, Sprintpack Logistics, Perilleux… mais aussi et surtout André Versaille, éditeur bien connu des cénacles littéraires – dont la maison d’édition homonyme avait été reprise fin 2012 par Renaissance –, qui n’a pas caché son mécontentement face à la tournure prise par les événements.

Quid des auteurs?

Vincent Cassiers, son avocat, a donc tenu à défendre pour lui durant l’audience trois points cruciaux qui auraient mérité une attention particulière de la part de la Justice avant homologation du plan de réorganisation.

En premier lieu, le requérant a tenu à signaler l’absence quasi-totale des auteurs de la liste de créanciers repris dans le plan, ce qui, pour lui, n’est "pas crédible". "Il n’est fait mention que d’un seul auteur." En second, il a critiqué le fait que les imprimeurs (et leurs crédits) soient pointés du doigt par Renaissance, avant de remettre en cause, en troisième, l’avis de la maison d’édition quant à l’efficacité perçue du distributeur-diffuseur Tondeur Diffusion.

"Dans ce plan, il n’est fait mention que d’un seul auteur. Ce n’est pas crédible."
Vincent Cassiers
Avocat d’André Versaille

Bien, sauf que ces arguments sont mal passés auprès de la présidente du tribunal, Diane Babette, qui a tancé l’avocat. À côté de son non-rôle de conseil auprès des différentes parties mentionnées qui avaient le loisir de se manifester, la magistrate a souligné que le requérant n’avait avancé "aucun élément" matériel pour étayer ses positions. Or, "l’on essaie d’être pragmatique ici, Monsieur l’avocat", a-t-elle asséné.

Interrogé sur cette pique, André Versaille se veut nuancé. S’il reconnaît que son avocat est peut-être légèrement passé "à côté" ce jour au tribunal, il déplore toutefois que la présidente ne se soit pas attardée sur les différents points soulevés, et ce, malgré l’intérêt qu’ils pouvaient présenter dans le dossier. Au passage, selon lui, l’affaire aurait même été quelque peu expédiée, omettant de s’interroger de manière plus globale sur le fait que d’autres sociétés (La Caravelle et l’Immobilière Four à Briques notamment) du patron de Renaissance du Livre, Alain van Gelderen, font elles aussi l’objet de réorganisations judiciaires…

Bientôt la fin de la saga?

Nul doute qu’il sera difficile de mettre les deux hommes d’accord tant leurs positions sont diamétralement opposées. Mais qu’importe. "Les débats sont clos", a conclu la magistrate après une petite heure. Tout ce petit monde sera donc amené à se revoir le 20 novembre pour un jugement particulièrement attendu, l’on s’en doute.

D’ici là, André Versaille glisse pour sa part qu’il compte bien "réfléchir aux moyens d’action" qui s’offrent à lui pour éviter que ce fameux plan de réorganisation ne passe in fine. Voilà, c’est dit. La saga risque donc de connaître encore quelques rebondissements avant un retour à la normale, s’il en est.

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