interview

Alex Vizorek: "On ne se dispute pas avec le bouffon du roi"

©AFP

Il est partout ou presque, Alex Vizorek. Bien implanté en France, au point de prendre un peu moins souvent le Thalys. Et d’être pris dans quelque altercation.

Son nouveau recueil de chroniques radio, "L’échappé belge", vient de sortir avec une édition française et une édition belge. L’occasion de faire le point avec l’un des humoristes belges les plus en vue en France.

Vous sortez "L’Echappé belge", votre deuxième recueil de chroniques. Cela représente combien de chroniques?

Cela représente deux ans et demi de chroniques. Le précédent recueil s’arrêtait au moment des attentats de Paris.

Ce livre reprend l’essentiel de l’année des élections présidentielles françaises, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a que de la politique française. Il y a toujours un brin de terrorisme et des chroniques plus amusantes parce que j’essaie toujours de trouver des thématiques un peu absurdes et des angles drôles. Le but est de rendre le propos décalé.

Dans l’édition française, ce ne sont que les chroniques sur France Inter et dans l’édition belge, il y a trente pages consacrées à la Belgique. On y trouve notamment la chronique consacrée à Laurette Onkelinx.

C’est à cause de vous qu’elle a décidé de quitter la politique, Laurette Onkelinx?

Les gens pensent que c’est à cause d’elle que j’ai quitté la RTBF. Mais dans les deux cas, je pense que ce n’est pas vrai. Moi, j’avais prévu de partir avant.

En tout cas, les politiciens sont de plus en plus sensibles à ce que disent les chroniqueurs, les humoristes et les réseaux sociaux.

Je pense, oui. Le monde évolue comme ça. Quand on fait une chronique, il y a toujours les pros et les antis. Les politiques observent beaucoup ce qu’il se passe mais ils n’entrent jamais en conflit ouvert avec nous. Parce qu’on ne se dispute pas avec le bouffon du roi.

Vous avez eu, récemment, une altercation radiophonique avec la Française Élisabeth Lévy, rédactrice en chef de "Causeur". Qui est-elle au juste?

C’est une sorte de Zemmour féminin. Et même sur le féminisme, elle est rétrograde. Elle s’en est pris aux chroniqueurs de France Inter et je lui ai répondu avec humour.

Les humoristes de France Inter, des Robin des blagues - Le billet d'Alex Vizorek

Selon vous, les polémistes questionnent-ils le système?

Alors, c’est très français. Un polémiste est quelqu’un qui crée ou entretient la polémique. Je n’aime pas trop qu’on les compare à des philosophes. On va dire que ce sont des réfléchisseurs qui viennent donner leur avis sur des plateaux télé ou radio et s’aboyer dessus. Parce que ça fait plus d’audience. Moi, je n’aime pas trop ça.

Outre votre chronique sur France Inter, vous êtes présent également dans "Salut les Terriens", l’émission d’Ardisson sur C8 et dans "Les Inrocks". Avez-vous beaucoup de liberté?

J’ai la chance de n’avoir pas été censuré. Le jour où cela arrivera, soit je le dirai, soit je m’en irai.

Êtes-vous très sensible à ce que l’on dit de vous sur les réseaux sociaux?

De moins en moins. J’avais appris en marketing que lorsqu’on est déçu d’un produit, on a tendance à le dire sept fois plus que lorsqu’on en est content. Donc, les gens qui veulent t’insulter trouvent plus d’occasions de le faire que ceux qui veulent dire du bien de toi.

Quelle est votre réaction face à l’affaire de plagiat dont est accusé le comique Tomer Sisley?

Je trouve ça déplorable. On le savait tous. Comme pour Gad Elmaleh et Seinfeld. Mais on n’est pas dans le cas de #balancetonporc. On serait passé pour de mauvais camarades si on avait balancé les faussaires. On ne peut pas accepter le vol de droits d’auteur. Cela ne m’aurait pas dérangé de voir sur l’affiche de Tomer Sisley: "Rend hommage au stand-up" avec mention des crédits. Peut-être aurait-il eu le même succès?

J’ai toujours dit que j’avais des co-auteurs et je continue à le dire. Cela ne signifie pas que je n’écris pas moi-même. Mais il y a un travail artistique collectif.

On a révélé récemment les tarifs que touchent les "vanneurs", créateurs de vannes qui travaillent pour des humoristes. De combien de "vanneurs" a-t-on besoin pour que cela tienne la route?

C’est très vilain comme mot "vanneur". Et puis, le lien à faire entre Tomer Sisley est très mauvais. Moi, j’ai toujours dit que j’avais des co-auteurs et je continue à le dire. Cela ne signifie pas que je n’écris pas moi-même. Mais il y a un travail artistique collectif.

Quelle est votre plus grande angoisse?

De ne plus pouvoir faire ce métier. J’adore ce que je fais.

"L’Echappé belge", d’Alex Vizorek, Editions Kero, 240 p., 15,90 euros.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés