"Alix a de quoi attirer les ados"

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La bulle du vendredi | Casterman lance une nouvelle série sur l'enfance d'Alix, avant son arrivée à Rome. Pour attirer les jeunes à la série, mais aussi pour les intéresser à l'antiquité. Et cela semble pouvoir fonctionner.

Il n’est pas rare de voir un éditeur (tenter de) décliner un de ses personnages fétiches sous différentes formes, question d’attirer un nouveau public vers la série mère. Pas toujours avec bonheur. Après avoir lancé une spin-off sur la vie adulte d’Alix, Casterman et les ayants-droit de Jacques Martin renouvellent l’expérience avec l’enfance du héros gaulois.

Disons-le d’entrée, cette nouvelle excroissance semble partie sur de meilleures bases que son aînée. La série Alix Senator, confiée à Valérie Mangin et Thierry Démarez, peine à trouver son rythme, après un démarrage qui semblait attrayant. Le récit se fourvoie depuis dans les méandres de rebondissements peu crédibles et dans un ton trop dramatique.

BD
L’enfance d’un Gaulois

Note: 3/5

Alix Origines tome 1, Bourgne et Libessart, Casterman, 48 p. 11,95 EUR

Avec "Alix Origines", Marc Bourgne et Laurent Libessart visent évidemment un autre public, celui des (jeunes) ados et ils adoptent le ton, le rythme et le style qui leur convient. Le dessin de Libessart est plus proche des mangas ou du dessin animé que du classicisme de Martin. Mais il ne le trahit pas pour autant. "Pour toucher les jeunes, il faut utiliser leurs codes: un rythme plus contemporain, un découpage plus dynamique, pas de récitatif mais des dialogues plus naturels", explique le scénariste Marc Bourgne. En un mot, un style moins théâtral que celui du maître.

On s’en souvient, l’Alix de Martin est un jeune esclave d’origine gauloise, adopté par un riche romain et protégé de Jules César lui-même. "Pourquoi Alix est-il toujours aussi sérieux, réfléchi? Comment a-t-il été séparé des siens, lorsqu’il arrive comme esclave à Rome? Ce sont ces questions auxquelles nous voulons répondre", précise encore Bourgne.

Pour installer son personnage enfant, le scénariste s’appuie sur les références que faisait Martin dans la série principale. "Quatre albums donnent des indications sur l’enfance d’Alix, mais de manière très parcellaire. On y apprend par exemple que son père se prénommait Astorix. Bien avant que Goscinny ne crée son petit Gaulois… Mais cela constitue une base de travail sur la composition de sa famille, son mode de vie etc. Tous les éléments que nous reprenons ont été créés ou approuvés par Martin de son vivant", poursuit Bourgne. "À nous de jouer avec ces quelques pièces du puzzle et de trouver toutes les solutions possibles pour combler les trous."

Réalité historique

On le verra, la série ne se borne pas à mettre en scène un enfant dans la Gaule d’avant César. Elle cherche à poser les bases de la série mère avec cohérence. Et dans le respect de la réalité historique. "L’idée n’est pas seulement d’attirer les jeunes vers la série, mais aussi de les intéresser à l’antiquité", assure Bourgne. Le travail de recherche est conséquent et le dossier didactique qui accompagne ce premier tome très documenté sur la civilisation gauloise juste avant l’époque romaine. On est loin des stéréotypes et des caricatures à la Astérix.

Les deux premiers tomes devraient permettre d’installer l’univers et les personnages, fictifs ou réels. Mais la série pourra se poursuivre ensuite et emmener l’enfant aux quatre coins du monde, à l’image de sa version aînée. "On sait d’où il part il est le fils d’un notable Gaulois qui négocie avec les Romains pour son clan et où il arrive à Rome en tant qu’esclave. Mais entre les deux, tout est à inventer, nous avons 6 ou 7 ans de sa vie à explorer. C’est une période deux fois plus longue que celle durant laquelle se passent les aventures créées par Martin. Cela laisse du champ…", constate Bourgne.

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