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Astérix dans les steppes gelées de l'Ukraine

©Editions Albert René

Pour leur cinquième opus, Ferri et Conrad emmènent les Gaulois aux confins du monde romain pour y défendre le Griffon.

C'est le cinquième "Astérix" réalisé par les deux auteurs choisis pour reprendre les aventures du Gaulois. Depuis ses débuts, le duo Jean-Yves Ferri au scénario et Didier Conrad au dessin, a su imprimer sa patte à la série sans rien perdre de ses codes. Et sur ces cinq tomes coréalisés, on peut dire que la qualité est même nettement meilleure que pour les derniers récits écrits et dessinés par Uderzo seul.

Mais il faut tenir la distance. On l'a vu avec le tome précédent "La fille de Vercingétorix", le rythme peut vite flancher et le récit tomber un peu dans une mécanique trop bien huilée qui ronronne et se contente des codes du genre. Or c'est un peu cette magie dans laquelle excellait Uderzo que de surprendre à chaque fois le lecteur.

Didier Conrad reste tout à fait à la hauteur d'Uderzo, dont il maîtrise parfaitement le trait, non sans une certaine personnalité et une vivacité plus affirmée.

Ferri se tient à l'alternance qu'affectionnaient les auteurs d'origine: un album "domestique" centré sur le village et sa grande banlieue, et un album "extra-muros" qui emmène nos héros aux confins du monde romain. Et plus loin encore cette fois, dans les grandes steppes glacées d'Ukraine au pays des Sarmates. Panoramix a été contacté en rêve par un de ses collègues chamans pour venir les aider face aux Romains qui veulent s'emparer du Griffon, animal mythique dont César veut s'enorgueillir.

De l'espace

On sent Jean-Yves Ferri plus à l'aise dans ces grandes escapades que confiné dans le village. Il peut laisser libre cours à son imagination et surtout à son sens du calembour. Il truffe ses dialogues de références, à l'internet notamment, et les noms des Sarmates sont assez bien trouvés. Il y a les éclaireurs des Romains, deux Scythes dont les descriptions sont tirées tout droit de TripAdvisor; il y a aussi Fakenius, le légionnaire bougon et complotiste...

©Editions Albert René

Mais Ferri ne joue pas que sur les mots. Même si son pays est largement imaginaire, il s'appuie aussi sur une documentation étayée. Les Sarmates étaient soucieux de la parité dans leur société, les femmes y avaient donc autant de poids que les hommes. Elles y étaient d'ailleurs autant guerrières et sont à l'origine des Amazones. Des Amazones qui ne se livrent d'ailleurs pas gratuitement...

Ferri s'amuse aussi à prendre ses personnages à contre-pied. Privé de sa potion magique, qui a perdu ses propriétés sous l'effet du gel, Astérix doit ruser plutôt que frapper. Et il doit surtout composer avec les railleries taquines des Amazones. Et cela fonctionne!

Graphiquement, Didier Conrad reste tout à fait à la hauteur d'Uderzo, dont il maîtrise parfaitement le trait, non sans une certaine personnalité et une vivacité plus affirmée. Les grands décors de forêts et de paysages enneigés lui donnent l'occasion de changer aussi de cadre et de donner au récit une touche de Western (ou d'Eastern, dans le cas présent...). Avec une mention particulière pour les accortes amazones, mais aussi pour les chevaux des steppes petits et tout en rondeurs.

Comme de coutume, la sortie de ce nouvel Astérix sera l'événement de l'hiver, avec plus de 2 millions d'exemplaires en français, 3 millions pour les 16 autres langues.

Bande dessinées

«Astérix et le Griffon»

Série: Astérix et Obélix tome 39

Par Ferri et Conrad d'après Gosciny et Uderzo

Édité par Editions Albert René

48p. - 9,99€

Note de L'Echo:

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