Auto-enquête et fiction policière

Aliénor Debrocq signe son second roman.

Aliénor Debrocq, collaboratrice à L’Echo, publie son nouveau roman. "Cent jours sans Lily" se situe entre autofiction et enquête policière.

 

La romancière (et collaboratrice à L'Echo) Aliénor Debrocq, qui a constitué un roman dans un roman, où le lecteur suit le processus d’écriture de sa protagoniste, Linda, qui écrit le livre que nous avons sous les yeux et qui en est elle-même le ressort narratif.

«Cent jours sans Lily». Aliénor Debrocq

Éditions On Lit Éditions, 192p., 17 euros

https://www.onlit.net/products/lily

C’est l’histoire d’une journaliste, mère célibataire sous anxiolytique. Elle se démène comme elle peut entre une vie professionnelle sans grande surprise, un désir d’aventure et d’érotisme qui la mène à fantasmer sur le psychiatre qu’elle ne voit plus qu’une à deux fois par an, et le désir de renouer avec la pièce maîtresse de son passé, son amie Lily Brooks. Cette écrivaine à succès ne lui donne plus de nouvelles depuis bien trop longtemps pour que le doute de la rupture discrète ne se fasse pas sentir.

La disparition de Lily est moins prétexte au suspense policier qu’à la réflexion sur l’amitié, le souvenir, le présent.

Linda apprendra par le biais d’un inspecteur qui mène l’enquête que Lily Brooks ne lui répond plus car elle a tout simplement disparu. De là naît un mystère judiciaire. Mais ce livre est aussi et peut-être surtout l’histoire d’une contrainte. Ou plutôt de contraintes qui s’entremêlent, puisque la protagoniste se fixe l’écriture de 2.000 signes (espaces compris) par jour pour la simple et bonne raison que c’est le maximum que l’on puisse se permettre d’écrire en étant mère célibataire et écrivaine.

Fantasmes, craintes, espoirs

À partir de cette contrainte littéraire et logistique, le texte nous fait entrer dans un labyrinthe psychologique (les fantasmes, les craintes et les espoirs de Linda), géographique (on voyage de Saint-Pétersbourg à Paris pour aller jusqu’aux États-Unis) et culturel (la protagoniste est passionnée d’art contemporain et les références à ses artistes et œuvres préférées se multiplient).

"Cent jours sans Lily", aux éditions On lit.

Ce sont donc moins les péripéties et les rebondissement qui façonnent le roman, que ce cheminement constant, ces hésitations, ces trépignements. Tout comme la disparition de Lily est moins prétexte au suspense policier qu’à la réflexion sur l’amitié, le souvenir, le présent qui devient si vite passé. Les deux protagonistes, l’une spectrale mais excentrique et affirmée, l’autre toujours présente mais plus réservée et rêveuse, dressent un portrait contrasté des désirs, des émancipations, des contraintes, des jugements et des frustrations qui peuvent constituer la vie de femmes prises dans des enjeux existentiels mais également matériels, historiques et politiques.

 

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