Cette année, L'Intime Festival n'aura jamais aussi bien porté son nom

Philippe Jaenada explore les liens retors entre famille, histoire et destinée personnelle. ©©MATSAS/Leextra via Leemage

Malgré les circonstances, L’Intime Festival maintient l’édition de cette fin août en l’adaptant aux dernières mesures imposées par la crise sanitaire.

Jamais L’Intime n’aura aussi bien porté son nom, jauges réduites à 100 personnes, présence des auteurs annulée, sauf pour le téméraire Philippe Jaenada qui lira des extraits de son livre «La petite femelle» (Julliard). Restera l’essentiel: un livre, une table, une voix qui incarne un récit. Les fidèles auront droit à des lieux prestigieux, la cathédrale Saint-Aubain et l’église Saint-Loup, beaux écrins pour donner une résonance redoublée et un supplément d’âme aux excellents romans choisis, lus par de grands comédiens belges et français (Fabrice Murgia, Yoann Blanc…).

L'Intime Festival

Les 28, 29 et 30 août à Namur

6 ou 15 € selon les lectures et concerts gratuits en soirée

Informations et réservations sur le site intime-festival.be ou par téléphone au 081 226 026.

Seize lectures, un concert de Fabrizio Cassol et trois discussions s’étaleront sur les trois jours. Cette fois encore la sphère privée, la famille vue par le prisme de la grande littérature, est chambre d’écho du monde et de l’histoire contemporaine, du social et du politique, façonneurs de parcours et de destinées.

«Penser le trouble» est bien le propos, et plus que jamais, aussi L’Intime invite des scientifiques et des philosophes à sonder les rapports délicats, problématiques, nécessaires mais sujets à questionnements. Éric Caumes, infectiologue français très impliqué dans la crise actuelle et Guillaume Lachenal, historien des sciences et écrivain, ainsi que François Gemenne, chercheur, coauteur de «Penser l’Anthropocène» dialogueront autour de ces questions de plus en plus complexes, qui croisent le climat, l’économie, la sociologie, les sciences naturelles.

Portraits de famille

Catherine Salée, que nous connaissons pour ses prestations dans les films de Joachim Lafosse, des frères Dardenne ou dans «La Trève», mettra en voix Anne Pauly, prix du Livre Inter 2020 pour «Avant que j’oublie» (Verdier), le portrait en creux d’un père bancal, d’un deuil, d’une réappropriation de sa propre histoire, avec une dérision bravache pour dire la tragédie ordinaire (Grande lecture vendredi 28 août de 20h à 21h et à 10h le samedi).
«Le mur invisible» (Babel) de Marlen Haushofer traduit merveilleusement le déchirement des femmes entre devoir et renoncement à soi, aux fantasmagories, à la connivente sensualité avec la nature. Ce classique de la littérature germanophone sera servi par Dominique Reymond, grande interprète pour le metteur en scène Luc Bondy notamment.

Plus que jamais, L’Intime invite des scientifiques et des philosophes à sonder les rapports délicats, problématiques, nécessaires mais sujets à questionnements.

Famille encore, américaine cette fois, sensible toujours, pour «Entre eux» de Richard Ford (L’Olivier) servi par Reda Kateb, qui enchaîne les rôles marquants au cinéma. Notre Philippe Jeusette, toujours passionnant, dira «Papa» de Régis Jauffret (Seuil) portrait d’un père inconnu, sourd, entraperçu sur une vieille photo de guerre qui le révèle aux yeux du fils.

D’autres textes forts de jeunes auteurs seront à découvrir, «Une bête aux aguets» de Florence Seyvos (L’Olivier), «Elmet» de Fiona Mozley (Joëlle Losfeld) finaliste du Man Booker Prize, mais aussi l’exercice d’admiration du merveilleux Philippe Vauchel pour l’univers de l’extraordinaire Prix Nobel de littérature Olga Tokarczuk, sans passer à côté de l’étonnant «Croire aux fauves», rencontre de Nastassja Martin (Verticales) avec l’ours…

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