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Churchill, chef de guerre

Le Premier ministre britannique était passionné par l’art de la guerre. L’historien américain Carlo D’Este propose une monumentale biographie de celui qui, toute sa vie, a regretté d’être passé à côté d’une carrière militaire.

Si l’homme Winston Churchill a fait l’objet de centaines de biographies, on a très peu écrit sur Churchill le militaire. L’historien militaire américain Carlo D’Este relate dans une "brique" de 1.000 pages l'histoire singulière, parfois cocasse, souvent tragique, de ce chef militaire, depuis ses premières aventures lors de la guerre des Boers en 1898 jusqu'à la Secondaire guerre mondiale.

Churchill était un guerrier dans l'âme, imprégné du code d'honneur et de valeurs du 19ème siècle : telle est la thèse de cette biographie qui éclaire la bravoure autant que les erreurs de son héros.

Jeune homme, Churchill avait dit un jour : "Si j’avais deux vies, je serais soldat et politicien, mais comme je vivrai à une époque où il n’y aura pas de guerre, il faudra que je me contente d’être politicien." Il a été les deux.

Descendant du célèbre duc de Marlborough (le héros de la chanson "Malbrough s'en va-t-en guerre"), rêvant d'éblouir par ses exploits un père célèbre, Winston Churchill ne dépassa jamais le grade de lieutenant-colonel. Il se retrouva pourtant à la tête de la Grande Bretagne en guerre, seul face aux puissances de l'Axe, pour sauver la démocratie.

Lorsque le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Halifax, proposa en 1939 un arrangement avec Hitler, Churchill s’y opposa, jurant au contraire de "sauver l’humanité de la plus vile et de la plus dégradante des tyrannies ayant jamais assombri l’Histoire".

Wellington était un soldat pour qui le devoir était d’être un homme politique. Churchill, lui, était un politique qui voulait être soldat. Mais sa santé fragile ne le prédisposait pas vraiment au métier de guerrier. Ses handicaps physiques divers (il marchait comme un canard) le frustraient tellement qu’il se plaignait un jour à sa mère d’avoir "une aussi piètre carcasse".

En pantoufles et combinaison zippée

La Grande Bretagne, qui depuis Cromwell s’est toujours sentie mal à l’aise avec tous ses chefs militaires hormis les plus excentriques, a mené son combat le plus périlleux sous la houlette d’un chef de guerre en pantoufles et combinaison zippée jusqu’au cou. Telle était en effet la tenue favorite de Churchill, même lorsqu’il recevait des interlocuteurs de haut rang. Eisenhower, avec qui le Premier ministre entretenait une amitié sincère, en a été témoin lors des soirées interminables où ils discutaient de stratégie militaire.

Lors d’un dîner au Chequers, Churchill fit remarquer à Eisenhower qu’il avait étudié "toutes les campagnes depuis les guerres puniques". Ce à quoi un autre invité glissa à l’oreille d’Ike : "Et il les a presque toutes faites."

La colossale biographie proposée par Carlo d’Este fourmille de détails intéressants et d’anecdotes savoureuses qui devraient combler les connaisseurs de celui que les spectateurs de la BBC ont élu en 2002 "plus grand Britannique de l’Histoire".

Jean-Paul Bombaerts

"Churchill, seigneur de guerre", Carlo D’Este, édition Perrin, 1.048 pages, 35 euros

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