Publicité

Comment repenser notre relation aux appareils ménagers?

Les repair cafés, la solution au "progrès"? ©Café Europa

Dans "L’étrange et folle aventure du grille-pain, de la machine à coudre et des gens qui s’en servent", les auteurs décryptent l’histoire des objets techniques et de leur influence sur notre quotidien.

«En dix ans, les sociétés de débarras avec ‘suivi psychologique personnalisé’ se sont multipliées». Et ce pour cause du grand nombre de syndromes de Diogène apparus au cours des Trente glorieuses. L’anecdote résume bien le livre «L’étrange et folle aventure du grille-pain, de la machine à coudre et des gens qui s’en servent», à savoir notre rapport problématique aux objets, aux appareils domestiques plus précisément. Ces appareils peuplent nos vies, nous les connaissons peu, nous ne les remarquons même plus. «Si vous vivez en appartement, vous devriez en posséder près de 70, plus de 120 si vous habitez une maison avec jardin», détaillent les auteurs.

Le livre ne prétend pas expliquer les objets techniques qui nous entourent, ni être un guide d’utilisation mais tente plutôt d’analyser ce que ces objets font à notre environnement quotidien, à nos manières de fonctionner – la manière dont nous faisons société avec eux. Les auteurs reprennent à leur compte le constat du philosophe des techniques Gilbert Simondon qui voyait en la méconnaissance de la machine la plus forte cause d’aliénation du monde contemporain.

La complainte du progrès

Si l’obsolescence programmée est le paradigme de cette aliénation, les auteurs ne se morfondent pas dans le pessimisme. Au contraire, c’est notre proximité organique avec les objets qui permet de nous donner des ressorts de réappropriation: de la montre cassée des «indigènes» annonçant le refus du temps colonial au «repair cafés» qui permettent de déjouer notre incapacité globale, des techniques de pensée sont à inventer.  

Essai

«L’étrange et folle aventure du grille-pain, de la machine à coudre et des gens qui s’en servent»
Gil Bartholeyns, Manuel Charpy

Premier parallèle, 224p., 9,50 euros

Note de L'Echo: 4/5

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés