interview

Découvrez la sélection et devenez juré du 6e Prix Filigranes!

Marc Filipson: "Le partage, c’est ma vie". ©Emy Elleboog

Pour la 4e année consécutive, L’Echo est partenaire du Prix Filigranes et permet à trois de ses lecteurs de remporter les 8 livres sélectionnés par Marc Filipson, patron de la librairie Filigranes. Découvrez la sélection et inscrivez-vous ci-dessous!

Pour la 4e année consécutive, L’Echo est partenaire du Prix Filigranes qui va pour la 6ème fois récompenser un auteur "de qualité, accessible à tous". Avec 15.000 euros de dotation, le bébé de Marc Filipson, patron de la célèbre librairie bruxelloise, est devenu en très peu de temps un incontournable. Rencontre.

Le prix Filigranes, en un mot?

Marc Filipson: C’est le plaisir du partage. Le jury d’environ 60 lecteurs va se réunir la dernière semaine d’août. J’ai 60 colis mais j’aurai plus de lecteurs car on me demande sans cesse: «Est-ce que mon conjoint peut lire?» Je réponds: «Plus on est de fous, plus on lit». Nous avons trois sponsors principaux: ING, Soyer et Mamet, et Plug & Plos, qui donnent chacun 5.000 euros, donc 15.000, qui vont directement au gagnant. La dotation augmente chaque année, c’est ma fierté. Il y a aussi un prix d’honneur de 2.000 euros. Chaque sponsor et chaque partenaire médias fait participer des lecteurs, qui reçoivent un colis avec les huit livres présélectionnés. C’est vraiment un prix de lecteurs. Je le compare au Prix des lycéens, ou au Prix Fnac.

Cela en fait le prix le mieux doté en Belgique?

Oui, on est même dans le top 3 français. Il faut savoir que même le Goncourt, c’est symbolique financièrement, après ce sont les ventes qui font le prix. Chez nous aussi, l’impact se ressent sur les ventes. On fait un présentoir avec tous les sélectionnés, qui reste bien placé dans la librairie tout au long de l’année. Les auteurs sont mis en avant, ils sont invités… Sans compter le relais dans les médias, le bouche à oreille. La plus grosse vente d’un lauréat a atteint chez nous les 4.000 exemplaires, ce qui n’est pas mal du tout.

Rappelez-nous la philosophie du prix.

«Un livre de qualité, accessible à tous». Le bonheur de découvrir une histoire, ou une prose, un style. Oscar Lalo, l’année dernière, avec «La race des orphelins», c’est de la folie. Je n’avais jamais lu un roman ou le plus long chapitre fait moins d’une page.

En marge du prix, quel est l’état d’esprit de Filigranes en 2021?

Je suis assez content que mon lobbying ait fonctionné au moment où on voulait fermer les librairies, les jugeant non essentielles. Filigranes n’a jamais cessé d’inviter des auteurs, et on a traversé cette crise. Pourtant, aujourd’hui, on est fortement pénalisés. Il y a 40 ans je me suis installé dans ce quartier «européen», nous sommes passés de 180 m² à près de 3.000. Mais aujourd’hui on souffre, le quartier est mortifère. Les Communautés européennes représentent 65.000 employés, presque tous en télétravail depuis 18 mois. Sans parler de tous les autres bureaux.

Le week-end, j’ai toujours du monde et c’est un plaisir. La semaine ça reprend, mais doucement. Pourtant, je ne veux pas me plaindre: la seule chose qui me désole, c’est que, par-dessus le marché, je paye un problème de mobilité. La signalisation n’est pas bonne, les gens ne savent pas comment arriver ni où se garer, à tel point que beaucoup repartent sans avoir pu atteindre la librairie. On n’a vraiment pas besoin de cela dans une année comme celle-ci. Pourtant il y a un parking dispo, il suffirait de l’homologuer. Et de travailler sur le fléchage.

Votre taille ne vous protège pas de tous les problèmes…

Chaque année, nous sommes dans le top des librairies indépendantes selon le site de référence Livres Hebdo. Et là aussi, ça souffre: des géants comme Gibert Jeune à Paris ont dû fermer leurs portes. Moi j’ai une centaine d’employés, et malgré le contexte on a pu garder tout le monde. Mais ce n’est pas rose tous les jours.

On sent en vous une passion énorme. Dès le début du printemps, vous avez organisé des concerts alors que la peur et le défaitisme avait tout envahi.

Et puis on a fait «Le Public by Filigranes». Michel Kacenelenbogen, directeur du théâtre Le Public, m’a dit: «Viens ouvrir une librairie chez moi, comme ça on pourra faire du théâtre malgré tout». Résultat: en mai Le Public est le seul théâtre en Europe à avoir accueilli 5.000 spectateurs. Il faut aller de l’avant. Hier j’étais au comptoir toute la journée à conseiller les gens, parler, échanger. Le partage, la transmission, c’est l’idée phare derrière ce prix. C’est ma passion. C’est ma vie.

Toi aussi deviens lecteur/juré du Prix Filigranes!

> Trois lecteurs de L’Echo prendront part à la réunion du jury, le 23 août, où les avis sur les 8 livres en lice de ce 6e Prix Filigranes seront collectés, argumentés, entendus et débattus à la librairie bruxelloise.

> Soyez les trois premier à remplir notre formulaire en ligne et recevez directement chez vous ces 8 livres. À partir de là, il vous restera environ 5 semaines pour les lire, soit une moyenne de 1,6 livre/semaine.

> Pas d’obligation de lire chaque livre jusqu’au bout, le plaisir d’abord… Mais un mot d’ordre: «Lisez, Nom de Dieu!»

> Verdict: le 20 septembre!

→ La sélection 2021: 8 livres en lice!

«Le premier exil»
Santiago Amigorena
POL, 592 p., 20 euros

Sur fond de dictature sud-américaine, Amigorena revient sur l’histoire de sa famille, avec un grand sens de l’autodérision et du drame. Derrière ce récit d’une enfance inquiète, laconique, le livre dresse le portrait d'un continent que recouvre peu à peu une nuit sanglante, où la torture et les disparitions deviennent routinières.

«Bélhazar»
Jérôme Chantreau
Phébus, 320 p., 19 euros

En 2013, un jeune homme sans histoire décède lors d'un contrôle de police. Accident? Bavure? Suicide? L'auteur décide de mener l'enquête, lui qui avait eu Bélhazar pour élève. Qui était-il? Adolescent hypnotique? Artiste précoce? Dandy poète laissant derrière lui un jeu de piste digne d'Alice au pays des merveilles?

«Seule en sa demeure»
Cécile Coulon
L'Iconoclaste, 19 euros

Au XIXe siècle, Aimée, 18 ans, épouse Candre Marchère et s'installe au domaine de la Forêt d'Or. Elle se heurte au silence du riche propriétaire terrien du Jura, et à la toute-puissance de sa servante, Henria. Elle cherche sa place dans cette demeure hantée par le fantôme d'Aleth, la première épouse. Jusqu'au jour où Emeline, venue donner des cours de flûte, fait éclater ce monde clos.

«La riposte»
Jean-François Hardy
Plon, 208 p., 18 euros

Dans un Paris désagrégé par la crise écologique, un mystérieux mouvement gagne du terrain. Son slogan: «Révolution pour la Terre». Dans ce chaos, Jonas est infirmier. Désabusé, il s’apprête à fuir vers le Nord, en quête d’une vie meilleure. Et s’il parvenait à convaincre la jeune Khadija de le suivre? Une invitation littéraire saisissante au monde de demain.

«Jacky»
Geneviève Damas
Gallimard, 160 p., 14,50 euros

Ibrahim, jeune Belge en décrochage scolaire, fiché S, doit réaliser un mémoire de fin de lycée. Mais il jette l'éponge, quitte à redoubler. Son professeur insiste. Ibrahim décide alors de consacrer son travail à Jacky, rencontré quelques mois plus tôt. Jacky vient de Beth-Yaldout, un lycée juif des quartiers chics de Bruxelles.

«Rideau Noir»
Fabienne Pascaud
Stock, 220 p., 19,60 euros

Un sulfureux ballet de vie et de mort qu'orchestrent avec indifférence et mélancolie d'insaisissables fantômes de comédiens. C'est le théâtre, l'art théâtral, l'art tout court, qui permettent ici de défier la disparition, le destin, la raison. Et si la scène était un lieu de magie où vie et mort se côtoient et s'épousent? Où n'existent plus ni vie, ni mort?

«La vie rêvée des hommes»
François Roux
Albin Michel, 320 p., 20 euros

À travers le récit d’un amour interdit, François Roux, auteur du Bonheur national brut (2014), livre une fresque poignante. De 1944 à nos jours, deux êtres affrontent l’opprobre familiale, les ravages du conformisme social, le passage douloureux de la clandestinité à la légalité... La vie rêvée des hommes ou la chronique historique et intime de la condition homosexuelle.

«Un autre bleu que le tien»
Marjorie Tixier
Fleuve Editions, 336 p., 18,90 euros

Mutique suite à un traumatisme, Rosanie vit à l’abri du monde depuis vingt ans, enfermée dans son univers feutré, protégée par son sauveur devenu son mari. Attirée par les thermes de la ville – elle qui craint pourtant l’eau –, elle rencontre Félice, une femme sportive et volontaire, brisée par un tragique accident. Rosanie se résout alors à abattre son mur de silence.

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